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Sommet Xi Jinping-Trump : les deux grands contraints de gérer leur conflictualité

il y a 4 heures
3 min de lecture

CHRONIQUE. Xi Jinping a eu droit aux honneurs pour sa première visite à Washington en dix ans. Au-delà du protocole, ce sommet des 23-25 septembre illustre une dynamique plus large : les deux plus grandes puissances mondiales, engagées dans une rivalité structurelle, choisissent de la gérer par des rencontres répétées plutôt que de la laisser dégénérer en confrontation ouverte. C'est la cinquième rencontre Trump-Xi en un an et la deuxième pour la seule année 2026 — et deux autres sont déjà annoncées à Shenzhen et à Miami. Cette fréquence en dit plus long que le contenu même des discussions sur ce qui ressemble à un grand deal en vue d’un « Yalta 20 » post-occidental.



« Stabilisation pragmatique » et concurrence structurelle : commerce, IA et terres rares


Après des entretiens en tête-à-tête d’une heure puis un dîner d’État, avec notamment Tim Cook (Apple), Jensen Huang (Nvidia), Sam Altman (OpenAI), Elon Musk et Jeff Bezos, Xi Jinping y a appelé à la stabilité, soulignant la compatibilité entre la «grande renaissance de la nation chinoise » et « l’Amérique Great again ».


Dans ce contexte, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a annoncé que l’accord de trêve commerciale de 2025 est prolongé jusqu’au 10 janvier 2027, ce qui laisse du temps pour négocier un arrangement plus large sur des réductions tarifaires, des achats agricoles américains destinés à réduire le déficit commercial (soja, blé, bœuf) et la levée de barrières non tarifaires.


Rien de concret n’a toutefois été conclu, et des désaccords profonds subsistent sur les terres rares. Rappelons qu’en avril 2025, Pékin avait imposé des contrôles à l’exportation sur sept éléments classés dual-use, perturbant les chaînes d’approvisionnement occidentales et japonaises, et qu’en juin 2026, la Chine a placé dix entreprises américaines sur sa liste de contrôle des exportations, dont MP Materials et USA Rare Earth – piliers de la tentative de reconstruction d’une filière américaine. De son côté, Washington maintient des contrôles à l’exportation de semi-conducteurs avancés (puces Nvidia H200 et générations suivantes), soumis à des licences pour freiner les avancées chinoises en IA militaire.


Washington freine l’accès chinois aux puces tandis que Pékin maintient la pression sur les terres rares, en évitant une rupture qui frapperait ses propres industries. Si la Chine contrôle 90 % du raffinage mondial des minerais stratégiques et 98 % des terres rares lourdes (dysprosium, terbium, yttrium), indispensables aux aimants permanents, semi-conducteurs avancés, turbines d’avions, drones et systèmes de défense, les Etats-Unis ne couvrent que 42 % de leurs besoins et resteront dépendants de la Chine jusqu’en 2030.


Concernant l’IA, Trump, qui y voit un avantage comparatif unique pour l’Amérique, a balayé toute limite et rejeté, dans son discours à l’ONU, « toute tentative de construire un projet mondialiste » de règlementation mondiale— alors même que Sam Altman et le patron d’Anthropic Dario Amodei ont plaidé devant le Conseil de sécurité pour une coopération internationale sur les garde-fous.


Sur le plan plus technique, Scott Bessent a évoqué avec le vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, un « mécanisme de notification » (ligne directe inspirée du téléphone rouge de la Guerre froide) destiné à signaler rapidement tout incident d’IA (cyberattaques autonomes, dérives d’agents, risques biologiques), donc une crise technologique risquant de dégénérer en guerre. Les deux parties ont prévu de se revoir à Shenzhen dans deux mois pour avancer sur ces garde-fous. Face aux normes contraignantes de Bruxelles, Washington et Pékin opposent une coordination bilatérale leur laissant une totale liberté d’action…



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