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Révolution iranienne sous haute tension géopolitique

  • Photo du rédacteur: AdV
    AdV
  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

CHRONIQUE. En ce début 2026, l'Iran traverse la crise la plus grave depuis 1979. Mais contrairement aux prévisions alarmistes, ni invasion étrangère ni embrasement régional ne semblent à l'ordre du jour. Entre calculs des grandes puissances et prudence des acteurs régionaux, le scénario le plus probable reste celui d'une transition chaotique… et hautement imprévisible.



En ce début d’année 2026, l’Iran traverse la séquence politique la plus critique depuis la chute du Shah en 1979. Les manifestations initiées en décembre 2025 sur fond de crise économique sont devenues progressivement une contestation politique globale visant le cœur même de la République islamique. L’extension rapide du mouvement à l’ensemble des provinces, sa composition sociale multiple et la radicalisation des slogans témoignent d’une rupture profonde entre la société iranienne et un pouvoir théocratique et kleptocrate perçu comme illégitime par une grande partie de la population. Faut-il en déduire que le régime va tomber vite ? Ou parier sur un changement de pouvoir provoqué par une intervention israélo-américaine ?


Face à cette contestation, le régime a réagi selon une mécanique habituelle : coupure d’internet, paralysie des communications, arrestations massives et usage de la violence par les Gardiens de la Révolution (Pasdarans) et leurs auxiliaires populaires (Bassidjis). Cette réponse brutale n’a cependant pas permis d’éteindre la contestation : elle l’a au contraire fait basculer plus vite d’un registre économico-social initial (inflation, corruption, paupérisation, inégalités) vers une révolution existentielle qui pose déjà la question de la succession du Guide suprême Ali Khamenei et le rôle officieux de son fils Mojtaba, plus que délégitimés et qui songeraient à fuir en Russie.


Les conséquences régionales et internationales d’un éventuel effondrement ou d’une transition chaotique du pouvoir iranien


Contrairement à certaines visions alarmistes, le scénario d’une grande guerre internationale ou d’une invasion étrangère de l’Iran demeure encore improbable. Aucun acteur majeur ne dispose à la fois de la capacité militaire, de l’intérêt stratégique et de la légitimité politique nécessaires pour une telle entreprise, tant l’Iran est vaste, complexe et potentiellement déstabilisateur pour ses voisins comme pour ses adversaires. Le risque réel réside ailleurs. Il se situe dans une escalade régionale indirecte, faite de conflits par procuration, de frappes ciblées et d’initiatives opportunistes visant à exploiter une éventuelle fenêtre de faiblesse du régime. Dans l’hypothèse d’un affaiblissement durable du pouvoir central, des milices pro-iraniennes régionales pourraient chercher à agir de manière autonome en Irak, au Yémen ou au Liban, tandis qu’Israël pourrait intensifier ses frappes préventives contre des infrastructures balistiques ou nucléaires du régime jugées sensibles comme durant la guerre des 12 jours de l’été 2025. Les États-Unis de Trump penseraient déjà à une opération asymétrique et éclair faite pour sidérer. Ce type de confrontation resterait fragmenté, limité dans le temps et l’espace, sans déboucher sur une guerre conventionnelle de grande ampleur.


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