Le retour des jihadistes « français », de leurs femmes et de leurs enfants, véritables «bombes humai

Alexandre del Valle explique dans cet article sur les « revenants » que pour la plupart d’entre eux, l’idée est de continuer le combat islamiste de façon moins risquée physiquement qu’en Syrie. Le « repentir » sincère et réel des jihadistes est d’ailleurs extrêmement rare. Mais forts de leur stratégie du mensonge et de la dissimulation (taqiya), les jihadistes « repentis » utilisent systématiquement le sort des enfants « innocents » ainsi que celui de leurs épouses pour pousser moralement et juridiquement les Etats d’accueil à baisser leur garde en laissant rentrer les loups dans la bergerie.

Le retour des jihadistes en Europe concerne trois types de personnes : La première catégorie est représentée par ceux qui sont délibérément envoyés en Europe par les centrales islamo-terroristes (Daech/Al-Qaïda) afin d’y perpétrer des attentats ou mettre sur pied des filières. Récemment, un jihadiste exfiltré affirmait à des journalistes anglais que « des frères français sont partis pour la France pour perpétrer des attaques qui se dérouleront au moment du jour du jugement ».


La seconde catégorie concerne des combattants de seconde zone, fanatiques mais moins courageux que les irréductibles, et désireux d’échapper au jihad en revenant avec femmes et enfants sans pour autant renoncer à leurs « idéaux jihadistes » une fois réinstallés en Europe. La grande naïveté des démocrates occidentaux est de systématiquement considérer « innocent » un enfant et non réellement justiciable un mineur âgé de moins de 16 ans. Certes, un enfant en très bas âge n’a pas à payer pour ses bourreaux de parents et l’on peut comprendre l’argument du « devoir » de prise en charge par son pays, comme l’a répété le ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Il n’en demeure pas moins que la majorité des pères et mères de ces enfants (75% de moins n’ayant pas plus de 7 ans) comptant gagner l’Europe n’a pas renoncé à l’idéologie salafiste-jihadiste.


Certains ont même certainement été envoyés par les centrales terroristes pour commettre des attentats en France et en Europe à l’aide d’enfants, comme l’a reconnu le fameux jihadiste toulousain Jonathan Geoffroy lors de son audition à son retour de Syrie: « Cela va arriver très bientôt. Là-bas, c’était une véritable usine […] Les gens se préparent, l’Etat islamique projetait en Europe des attentats commis par des enfants ». En France, le directeur de la DGSI, Patrick Calvar a d’ailleurs alerté les autorités politiques. Les services antiterroristes savent que les enfants jihadistes « âgés entre 7 à 17 ans », membres des katibas « Achbal al-Khilafat » (« Les lionceaux du califat »), ont reçu une formation militaire « intensive » et qu’ils demeureront des bombes humaines ou des êtres dénués d’empathie une fois revenus en France. On se souvient d’une vidéo de propagande de Daech, intitulée Mon père qui montrait trois enfants de moins de dix ans en train en train de nettoyer un immeuble rempli de prisonniers menottés que les gamins, habillés d’un treillis militaire à leur taille et équipés de caméras GoPro et d’armes de poing, abattent un par un. L’endoctrinement et l’entraînement de ces enfants habitués à assister à des meurtres barbares en font de véritables « bêtes à tuer », surtout dès qu’ils ont plus de 7 ans, les psychologues ayant démontré qu’un enfant ayant acquis le « gout du sang » est difficilement rattrapable après cet âge. Preuve de cette réalité, le 2 mars 2017, la police anglaise a ainsi déjoué un projet d’attentat visant trente sites à Londres et qui devait être perpétré par 55 mineurs âgés de 11 à 14 ans. Ces derniers étaient d’ailleurs revenus tranquillement en Grande Bretagne en passant au travers des mailles du filet. Une autre marque de naïveté consiste à considérer, comme les enfants, les femmes de jihadistes « inoffensives » parce que femmes, parce que simples « mamans » n’ayant fait que « suivre leurs maris ». En réalité, les entretiens des spécialistes avec nombre d’entre elles et les documentaires nombreux attestent qu’elles sont parties-prenantes, souvent au moins autant idéologisées que leurs époux, d’autant que sans leur « travail » d’appui logistique ou d’intendance, les miliciens de Daech ou Al-Qaïda n’auraient pas pu couper autant de têtes et tenir aussi longtemps face au régime syrien, aux Kurdes, aux milices chiites et aux armées occidentales et irakienne… « Mon fils grandira un jour et deviendra un djihadiste » lançait en turc l’une d’entre elles à l’AFP le 23 février 2019.


La Taqiya et la « ruse de guerre », véritables motivations du « repentir » des revenants


En réalité, la véritable raison du « repentir » des djihadistes désireux de retourner en France, lorsqu’ils se repentent, vise à déjouer la vigilance des autorités. Un « repenti » déclarait ainsi : « Soit vous partez et vous êtes presque sûr de finir en prison. Soit vous restez et vous êtes à peu près sûr de mourir. Moi j'ai fait le choix d'aller en prison ». Ce choix des combattants de la première catégorie est d’autant plus rationnel que les peines de prisons seront souvent très courtes pour nombre de jihadistes dont les avocats montreront que l’on ne dispose pas de preuves des exactions en zone syro-irakienne.


Lorsqu’ils rentrent en France ou ailleurs en Europe, les jihadistes utilisent à l’envi le droit de mentir et de dissimuler (Taqiya, Muron, Ruse de guerre, etc), permis par le Coran et les ahadith, ("La guerre est tromperie » (Bukhari, Vol. 4, Livre 52); «Il est permis de mentir si le but est louable » (Ahmad ibn Naqib al-Misri) et jurent que bien qu’étant islamistes, ils sont allés en Syrie en tant que volontaires humanitaires ou pour rejoindre un(e) conjoint(e). Ils savent pertinemment que les preuves judiciaires nécessaires à une lourde condamnation vont manquer. La taqiya est d’autant plus précieuse que nombre de juges occidentaux idéalistes et de politiques victimistes croient ou feignent de croire à la sincérité des « repentis ».


En jouant les victimes repenties, les djihadistes savent qu’ils ne risquent pas grand-chose, d’autant que, faute de preuves matérielles de leurs crimes commis en Irak et en Syrie, et se refusant de les poursuivre pour « intelligence avec l’ennemi », la Justice ne les condamnera pas lourdement. Au second semestre 2018, la moyenne des peines prononcées contre les djihadistes en France n’était d’ailleurs que de 8 ans et 4 mois d’emprisonnement, sachant que ces peines sont très rarement exécutées entièrement. Un exemple parmi tant d’autres : Sonia Belayati. Revenue du djihad mi-2015, elle doit alors pointer une fois par semaine au commissariat dans le cadre de son « contrôle judiciaire ». En novembre de la même année, elle repart tout simplement en Syrie…


En ce moment, on parle beaucoup de la fameuse jihadiste britannico-bengalie, Samina Begum, récemment déchue de sa nationalité britannique, laquelle affirmait sa « sympathie » pour DAECH et son absence de regret, considérant même « justifié » l’attentat jihadiste de Manchester de en 2017 (22 morts). Aujourd’hui, Samina, pour rentrer en Europe, affirme n’être « qu’une femme au foyer, s’occupant de ses enfants » et se pose en victime d’une justice anglaise qui aurait fait d’elle « injustement » une apatride en la déchoyant de sa nationalité et qui n’aurait aucune compassion pour ses enfants.


Rappelons que son pays d’origine, le Bengladesh, dont elle n’a jamais demandé le passeport, refuse de la récupérer et ne la reconnaît pas non plus comme citoyenne. La stratégie victimaire fonctionne dans certains grands médias puisque le journal The Guardian a pris fait et cause pour elle, puis dénonce son nouveau statut d’apatride, « contraire au droit international ». En avril 2018, la jihadiste Djamila Boutoutaou, condamnée par les autorités irakiennes et défendue par maître Bourdon, a elle aussi suscité la pitié des médias français lorsqu’elle a lancé son cri : « Pitié, aidez-moi à rentrer. C’est la seule chose que je demande». Elle aussi auto-dépeinte comme une « victime », elle a attiré l’attention médiatique en menaçant de faire une « grève de la faim ». Comme le Guardian, Le Parisien a fait écho à son appel et a évoqué son statut touchant de « mère de famille ». Les avocats d’islamistes « français » comme William Bourdon, Vincent Brengarth ou Martin Pradel ne cessent par ailleurs de présenter les jihadistes « repentis » comme des pauvres gars ayant commis des « erreurs » et ayant été « manipulés ».


Combien sont-ils ?


Le « vrai » chiffre des revenants n’est pas aisé à déterminer. On mentionne depuis des semaines les 130 djihadistes français de Daech en Syrie, mais on oublie de parler des centaines d’autres liées à Al-Qaïda présents dans le Nord-Ouest de la Syrie, à Idlieb, notamment. D’après les services de renseignements et d’action présents sur place, le vrai chiffre des jihadistes français en zone irako-syrienne serait plus proche de 1100, dont 300 hommes, 300 femmes et 500 enfants ». Au total, on évalue à environ 1700 les Français radicalisés ayant rejoint les zones djihadistes depuis 2014. Parmi ces 1700, 450 seraient déjà morts et 300 seraient déjà revenus.


Quant au chiffre d’« Européens » radicalisés ayant gagné ces théâtres d’opération, on l’évalue à 5000, dont 3000 susceptibles de revenir en Europe. Les combattants kurdes détiendraient 800 de ces « Européens » sous les verrous et garderaient environ 700 femmes et 1500 enfants. Ce qui constitue un véritable cheptel de bombes humaines en puissance dont va falloir traiter les cas, qu’on le veuille ou non, ici ou là-bas, si l’on ne veut pas qu’ils continuent à semer la terreur si les Kurdes ou les autorités syriennes les relâchent, ce qui est possible. Rappelons aussi que depuis 2016, lors des prises des grandes villes contrôlées par Daech, des milliers de jihadistes ne sont pas morts au combat mais ont été exfiltrés vers d’autres foyers jihadistes en Syrie, en Libye, au Yémen ou ailleurs : c’est ainsi que 4 000 membres de l’État islamique ont négocié leur départ de Raqqa, et que le gros des combattants d’Alep et Mossoul s’est retrouvé dans nord-ouest de la Syrie. Au total, ce sont environ 3000 jihadistes européens qui seraient encore présents en Syrie, en Irak, en Libye ou au Yémen, deux nouveaux théâtres jihadistes qui voient affluer nombre de jihadistes européens venus de Syrie et d’Irak. Sur environ 900 Britanniques partis depuis 2016 (plus gros contingent européen) soutenir Daech, 400 sont déjà rentrés et seuls quarante ont été traduits en justice, faute de preuves. On sait aussi que 90 % sont restés islamistes.


En France, le « stock » de fichés S est de 12 000 alors qu’il s’élevait à 3000 à l’époque de Mohamed Merah, en 2012. Ces radicalisés fichés S vont probablement accueillir comme des héros les revenants, lesquels, dès qu’ils seront libérés, pourront bénéficier de complicités ethno-claniques et confessionnelles dans les quartiers « salafisés ». Depuis 2012, 240 majeurs et 50 mineurs, dont la plupart ont moins de 12 ans, sont déjà revenus sur le sol français». 130 d'entre eux sont actuellement derrière les barreaux. Au total, En France, environ 500 personnes étiquetées "terroristes islamistes" sont incarcérées, dont 130 revenus depuis 2012. Il faut au plus vite trouver une solution pour environ 60 adultes et 90 enfants. Une expulsion via les aéroports de Roissy et d’Orly a été envisagée. Le parquet antiterroriste de Paris, l’aide sociale à l’enfance et l’administration pénitentiaire sont préparés aux nouvelles vagues de revenants, les premiers retours étant annoncés fin février ou début mars. Ils ont en fait été retardés en raison de la nouvelle doctrine visant à laisser l’Etat irakien juger les captifs qui lui sont remis par les forces kurdes, 13 officiellement, mais en réalité 82 depuis plusieurs mois, selon les services de renseignements français.


Que faire de ces jihadistes ? Les Européens