RECENSION – Le Nouvel ordre post-occidentald’Alexandre del Valle
- AdV
- il y a 5 jours
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Par Olivier d’Auzon ; Découvrez son nouvel ouvrage chez Erick Bonnier : AFRIQUE 3.0
Il arrive que des livres saisissent une époque comme un sismographe capte une secousse. Celui d’Alexandre del Valle appartient à cette famille rare.
Le Nouvel ordre post-occidental, Comment la guerre en Ukraine et le retour de Trump accélèrent la grande bascule géopolitique (L’Artilleur, 2025) n’est pas un essai de plus sur le « déclin de l’Occident » : c’est un récit géopolitique, tendu, ample, parfois implacable, qui observe la planète comme un champ de forces où se fracassent les illusions.
Nous assistons à « l’accélération d’une transition vers un monde multipolaire » où l’Occident n’est plus le centre de gravité de la planète.
La thèse centrale est simple, radicale, dérangeante : l’Occident ne dirige plus le monde. Un nouvel ordre, « pluri-normatif, post-hégémonique, décentralisé », émerge et il ne se reconnaît ni dans les valeurs, ni dans les institutions, ni dans les narratifs issus de Washington et de Bruxelles.
Dès l’introduction, l’auteur plante le décor avec une lucidité glacée : le retrait américain d’Afghanistan a « envoyé des signes de faiblesse et d’échecs aux yeux du monde ».
Comme chez Renaud Girard, la narration mêle analyses, scènes et trajectoires humaines. Ainsi, lorsqu’il revient sur les avertissements ignorés de Kissinger et Kennan, il rappelle ce moment où l’Ukraine fut invitée à rejoindre l’Otan malgré les mises en garde des stratèges :
« Élargir l’Otan serait la plus grave erreur de la politique américaine dans toute l’ère post-guerre froide » écrivait Kennan, annonçant « une réaction particulièrement hostile » de la Russie
Cette phrase, placée bien loin des passions médiatiques, résume la thèse :
– L’Ouest a joué avec les lignes rouges russes.
– Il a voulu transformer l’Ukraine en bastion avancé. – Il a ignoré les déterminants historiques et psychologiques russes.
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Alexandre Del Valle, le géopoliticien n’excuse rien. Il explique. À la manière d’un historien du tragique, il rappelle que, si Moscou viole le droit international en 2014, « les publicistes russes rappellent » le référendum de 1991 en Crimée, « 94,3 % de oui », rétablissant un lien juridique et symbolique antérieur à l’indépendance ukrainienne
Alexandre Del Valle raconte cette bascule avec une intensité rare. Il décrit la guerre en Ukraine comme un « tournant majeur » qui accélère la multipolarité et, surtout, dévoile l’échec d’une stratégie occidentale fondée sur les sanctions. « Ne comptez pas sur les sanctions pour permettre aux Ukrainiens de gagner la guerre », rappelle-t-il en citant Nicholas Mulder. C’est brutal, factuel, irréfutable.










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