top of page

Randa Kassis : « La période actuelle est une guerre mondiale fragmentée »

24 août
2 min de lecture

Femme politique franco-syrienne et essayiste, membre du Center of Political and Foreign Affairs, basé à Londres, et Présidente du Mouvement pour une société pluraliste en Syrie, Randa Kassis est à l’origine de la plateforme d’Astana en 2015, qui réunissait des opposants syriens durant la guerre civile et qui a inspiré les pourparlers entre responsables russes, iraniens, turcs, occidentaux et saoudiens durant la guerre civile syrienne. Pratiquant depuis des années la diplomatie de terrain en plus de l’analyse, échangeant tant avec les responsables américains, turcs, russes, européens, que des pays arabes, elle nous livre ici son analyse froide et étayée des deux guerres en cours que l’Occident ne paraît pas réussir à gagner face aux pôles mondiaux de la “désoccidentalisation”.



Vous qui connaissez bien la Russie, pensez-vous que le narratif occidental selon lequel l’Ukraine reprendra la Crimée et pourrait même faire tomber le régime russe par sa stratégie de bombardements et frappes de drones en profondeur en Russie est en partie fondé ?


Randa Kassis. Il est important de nuancer ce narratif, car il se heurte à des réalités démographiques, territoriales et institutionnelles très profondes. D’abord, la perspective d’un retour de la Crimée sous souveraineté ukrainienne est aujourd’hui fortement improbable. La Crimée abrite une population à majorité russe d’origine, et ce depuis plusieurs siècles. Pour le gouvernement comme pour l’immense majorité de la population russe, Sébastopol et la presqu’île possèdent une valeur identitaire et historique fondamentale.


Les frappes de drones à longue portée peuvent affaiblir la logistique militaire ou [passage non visible entre les captures] très restreinte sur le plan politique. Il est impossible pour Moscou de faire des concessions sur les régions de l’Est à forte population d’origine russe, au premier rang desquelles le Donbass, ainsi que sur le couloir terrestre stratégique reliant Donetsk à la Crimée. C’est le cœur même de l’engagement russe.

En revanche, si des négociations s’ouvraient, le Kremlin pourrait éventuellement abandonner des zones périphériques de moindre importance stratégique — notamment certaines bandes de territoires dans les régions de Kharkiv ou de Zaporijia — qui servent actuellement de zones tampons ou de leviers de négociation, mais n’ont pas la même charge identitaire…


 
 
 

Commentaires


A la une

INFOLETTRE (NEWSLETTER)

bottom of page