OPINION. « Sommet de l’OTAN : Trump préfère le despote oriental Erdogan à l’alliée occidentale Meloni »
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Pendant deux ans, Giorgia Meloni avait réussi à établir un canal direct avec Donald Trump et à occuper une position privilégiée entre l'Europe et Washington. Puis Trump a fait ce qu'il fait toujours avec ceux qui se rapprochent trop de lui : il les utilise, les humilie, puis les abandonne. Fort avec les faibles (Européens, Canadiens et alliés asiatiques), faible avec les forts (Chine, Russie, Turquie, Inde, etc).

Du sommet de Mar-a-Lago au mème publié sur Truth Social, de la base de Sigonella au face-à-face glacial d'Ankara, cette désalliance annoncée illustre comment le trumpisme est incompatible avec toute forme de loyauté envers les alliés.
Par Edoardo Secchi et Alexandre Del Valle (*)
Dissipons en préalable un malentendu : Meloni n'est pas Trump. Les deux dirigeants ont souvent été rapprochés parce qu'ils critiquent tous deux le mondialisme et le wokisme au profit de la primauté de l'intérêt national. Mais les similitudes s'arrêtent là. Meloni est une dirigeante européenne au sens strict du terme : elle a démenti les attaques d’euroscepticisme ou de « fascisme » formulées initialement en France et ailleurs contre (voir notre article publié dans La Tribune ) : elle honore les engagements internationaux, est toujours loyale vis-à-vis de l’UE et de l’OTAN, système d'alliances qu'elle considère indispensable. Trump, lui, ne raisonne pas en alliances, mais en termes de transactions. Pour lui, un allié n'est utile que tant qu'il paie l'addition. Deux dirigeants peuvent partager certaines positions tout en étant politiquement incompatibles. Meloni et Trump en sont l'illustration.




