Alexandre del Valle : "Menace islamiste sur les intellectuels"

February 3, 2020

 

Alexandre Del Valle est géopolitologue et docteur en histoire contemporaine. Auteur de plusieurs essais très remarqués sur l’islamisme, Il explique pourquoi il est devenu impossible de dénoncer l’islamisme sans être attaqué par certains lobbys liés à la nébuleuse. Propos recueillis par Souleiman Sbai

 

Un certain nombre d’intellectuels qui alertent sur la montée de l’islamisme sont régulièrement pris pour cible sur les réseaux sociaux. Qui sont leurs détracteurs ?

 

Ce sont souvent des gens liés à l’extrême gauche ou à la galaxie islamiste. Depuis 1997, et ainsi que je l'explique très clairement avec Emmanuel Razavi dans notre dernier ouvrage commun, « Le Projet » (des Frères-musulmans), l'imposture majeure de l’islamo-gauchisme consiste à traiter de "nazis", ou de"fascistes" ceux qui font obstacle à un projet d’islamisation totalitaire qui a pourtant été initié par les Frères-Musulmans, organisation islamiste foncièrement antisémite, qui a flirté avec le nazisme dès les années 1930. Ce mouvement n’a jamais cessé d’être judéophobe, complotiste et raciste, au point que leurs grands leaders y compris en Europe (tel Saïd Ramadan ou Youssef al-Qardaoui), ont admiré Hitler et ont même collaboré avec des nazis historiques. C’est donc « l’hôpital qui se fout de la charité » ! En ce qui me concerne, les premiers à m’avoir attaqué sont des individus issus d’une association trotskyste radicale, qui m’accusaient d’avoir eu un "passé d'extrême-droite".

 

Ces accusateurs se sont bien sûr gardés de rappeler que mes premiers livres ont été préfacés par l’un des plus grands résistants français qui a bombardé l’Allemagne nazie : le général Gallois. J’ai également subi, comme d’autres intellectuels, des attaques d’individus proches des médias de "référence" comme Le Monde, Le Monde diplomatique ou Médiapart bien que mes écrits ne contiennent absolument aucune erreur, notamment sur ce qu’est devenue la Turquie, sur les Frères musulmans ou encore de nos relations vis à vis de la Russie.

 

J'ai d'ailleurs donné des conférences au Centre Karl Marx (...), avec l'ex-président de SOS Racisme, Guillaume Sopo, et même travaillé il y a longtemps pour une collectivité locale PS, adhéré au Think du "général rouge" Henri Paris (Club Démocraties), puis plus récemment fait des rapports européens et des conférences pour des groupes de centre droit et socialistes du Parlement européen !

 

Existe-t-il un lien entre ces militants du net et le projet des islamistes « coupeurs de langue », pour reprendre l’une de vos expressions ?

 

Certains militants issus de l’islamo-gauchisme agissent en effet en "coupeurs de langues" puisqu’ils font taire leurs détracteurs au nom de la lutte contre l’islamophobie, contre le "fascisme" etc. Le lien avec les islamistes est évident.

 

Il convient certes de distinguer la gauche « Charlie Hebdo », qui sait où sont les « vrais nouveaux fascistes-nazis », des trotskystes-tiersmondistes antisionistes de la mouvance Plenel, Boniface, Le Monde, Le Monde Diplomatique, lesquels m'ont attaqué sans relâche depuis les années 2000, comme par hasard dès que j'ai commencé à être médiatisé et que mes écrits alarmistes sur l'islamisme ont été confirmés dramatiquement par le 11 septembre 2001 et d’autres attaques terroristes d'Al-Qaïda. J'ai rappelé dans mes écrits que la gauche trotskyste internationaliste a officiellement décidé dans les années 1980 de s’allier avec les forces islamistes dans le cadre d'une alliance mondialiste contre le souverainisme et l'Etat nation-occidental, le pire de tous lesmaux...C’est pour cela que la gauche républicaine à la Chevènement est opposée à cette alliance.

 

Il convient d’ailleurs de rappeler que la même gauche trotskyste a d’ailleurs mis à l’honneur durant des années Tariq Ramadan voire parfois Youssef al-Qaradaoui, le leader spirituel des Frères musulmans au niveau mondial et européen, lequel appelle clairement dans une fatwa-vidéo à rendre hommage à Hitler pour avoir exterminé les juifs que l'on doit tuer partout où ils se trouvent. Comme vous voyez, la "vigilance" de nos antifascistes trotskistes est bien sélective, et ils savent autant nazifier qui ne l'est pas qu'ils savent exonérer qui l'est : Qardaoui, Tariq Ramadan son père, Saïd Ramadan, qui a fondé les Frères musulmans à Genève avec l'aide du banquier-héritier testamentaire d'Hitler, le Suisse François Genoud, seraient parfaitement nazi-fascisables étant donnée leur lutte haineuse obsessionnelle envers les juifs, leur complotisme et les alliances historiques entre les Frères- musulmans et le IIIe Reich. Mais ils préfèrent qualifier de fascistes-nazis ceux qui résistent contre ce "nazisme vert", lequel recycle la violence barbare, l'idéologie suprémaciste et la haine anti-juive pathologique des nazis...

 

Mais quel est le sens de cette alliance que plusieurs intellectuels – à gauche comme à droite - dénoncent ?

 

Les forces marxistes radicales et islamistes sont au départennemies. Rien n’est plus opposé à l’islamisme théocratique et obscurantiste que le marxisme. Cependant, par haine de l’Occident, ces forces a priori opposées se sont retrouvées unies. Ces deux idéologies ont des aspirations mondialistes:l’Internationale pour les premiers, la Oumma pour les seconds, cherchant à unifier l’humanité dans un projet totalitaire global destructeur des nations souveraines.

 

Cela explique pourquoi l’islamisme est considéré comme un danger existentiel par l’Inde, la Chine (dont le communisme est à l'inverse del'internationale trotskiste), la Russie et en général par tous les nationalistes, y compris arabes tels Nasser ou Saddam Hussein, hier, ou Al-Sissi/Assad aujourd'hui, les Émirats et l'Egypte étant des ennemis déclarés absolus des Frères-musulmans vus comme le danger suprême.C’est une alliance contre nature mais puissante. Les néo-gauchistes- indigénistes tiersmondistes qui s'allient aux pires fanatiques islamistes tueurs d'athées règleront leurs comptes plus tard, mais pour le moment, les "fascistes rouges" et les "fascistes verts" demeurent hélas solidement unis par la haine d’un ennemi commun : tout ce que représente l'Occident judéo-chrétien et l'Etat- nation souverain. Il ne s’agit pas simplement d’une alliance de circonstance, puisque celle-ci existe déjà depuis plusieurs décennies. Mais si l’un des deux triomphe un jour, il exterminera l’autre. On l’a vu en Iran, où Khomeiny était le grand ami des révolutionnaires gauchistes de tous genre et du parti communiste iranien Toudeh, qui l'aidèrent à assoir sa Révolution anti- occidentale totalitaire verte. Toutefois, l'Ayatollah, fidèle à sa doctrine panislamiste suprémaciste qui considère les mécréants, apostats et athées de tous bords comme des sous-hommes, les a très vite liquidé une fois son pouvoir consolidé...

 

Pourquoi certains médias sont-ils si sensibles à ce discours victimaire « islamo- gauchiste » ?

 

Les personnes les plus critiques vis à vis de l’islamisme sont (mis à part quelques personnes du PS et de Charlie Hebdo) issues de la droite souverainiste ; d’où la bataille idéologique qui en découle. Aussi, il existe dans les médias une alliance entre les mondialistes capitalistes (actionnaires/multinationales) et les mondialistes idéologiques (la gauche et l’extrême gauche).

 

Ce n'est même pas le jugement d'un méchant souverainiste ou nationaliste européen ou français : le plus brillant sociologue américain, démocrate, donc plutôt progressiste, Benjamin Barber, développe cette idée dans son ouvrage impérissable (1997) "Jihad versus McWorld". Pour McWorld, c'est-à-dire le mondialisme marchand apatride et anti-national, qui ambitionne de détruire toutes les barrières douanières et identitaires pour édifier une Tour de Babel consumériste, l’islamisme est vu momentanément comme un courant mondialiste-anti-national parmi d’autres qui peut être utilisé tactiquement (comme les Etats-Unis l'ont utilisé en Afghanistan et ailleurs contre le soviétisme) pour détruire les nations européennes, notamment en favorisant le communautarisme islamiste de type séparatiste qui va, à terme, durablement fracturer les nations souveraines devenues ingérables. Une fois l’esprit national et la cohésion d’un pays détruits, il est plus facile d'assoir un pouvoirtransnational... D'où la "convergence des mondialismes" (...). Cela explique pourquoi George Soros, le milliardaire financier ni gauchiste ni islamiste, finance en même temps des ONGs pro-migrants, des associations islamistes pro-voile néo «féministes" proches des Frères Musulmans, des associations antisionistes et antifascistes de gauche ou d'extrême-gauche, écologistes radicales et même des Femen.

 

Apparemment contradictoires, ces mouvances toutes hostiles aux frontières convergent dans la destruction de l'Homme Blanc occidental judéo- chrétiens et ses Etats-Nations accusés d'être de même nature que le "nazi- fascisme". Tous les empires, même McWorld ou le marxisme-léninisme, sont totalitaires et prédateurs par nature, et face à eux, comme le dit Barber, c'est le bon vieux Etat-Nation qui résiste et préserve les libertés et les droits des citoyens ainsi que leur identité.

 

Quel regard portez-vous, en tant que fils d’immigrés italiens et espagnols, sur la question de l’assimilation devenue complètement taboue ?

 

La grande victoire du trotskisme allié aux mondialistes mentionnés ("McWorld") est d’avoir discrédité l’assimilation qui est pourtant une idée noble et le contraire du racisme, puisqu'il s'agit de donner son identité au nouveau venu sans barrière ethnique. S’assimiler c’est en fait vouloir assumer le destin et l’Histoire du pays qui vous nourrit dans le but de concourir au Bien Commun, à l'harmonie générale d’une Nation. L’assimilation est la preuve même de l’antiracisme puisque l’autre accepte que vous fassiez parti de son peuple, preuve extraordinaire de générosité. Le vrai racisme est en réalité "ethno- différentialiste", relativiste.

 

Pour les nouveaux pseudo-antiracistes, en réalité néo-racistes, comme les fameux indigènes de la République qui prônent le communautarisme, le voile, le féminisme islamique ou autres oxymores, tout se vaut, chacun a ses règles, LGBT ou la Charia ; minijupe ou voile islamique, etc. Le nouvel antiraciste qui se dit lui-même "néo-racisé" et qui défend les universités d'été indigénistes interdites aux Blancs est foncièrement déterministe et racialiste, tandis que l’assimilationniste pense que toute personne, qui joue le jeu est assimilable quel que soit son prénom, sa religion, ou sa couleur de peau. Cela dérange les mondialistes qui ne peuvent édifier leur Village Global et pourquoi pas un jour leur Gouvernement mondial sur les ruines des Etats- Nations. 

 

 

Par Souleiman Sbai pour GGN Barcelone

 

 GLOBALGEONEWS

 

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