« L’Occident », ce vestige d’un monde révolu - Focus sur le dernier livre d'Alexandre del Valle : "Le Nouvel Ordre Post Occidental"
- AdV
- 27 déc. 2025
- 2 min de lecture

Que nous dit l'élection de Donald Trump de l’état du monde, de son ordre et de ses désordres, de ses équilibres et déséquilibres, de ses permanences et de ses évolutions ? Le géopolitologue Alexandre del Valle ne l’a pas mis par hasard au centre de son nouvel ouvrage, Le Nouvel Ordre post-occidental. Comment la guerre en Ukraine et le retour de Trump accélèrent la grande bascule géopolitique (Éditions L’Artilleur). Parce qu’il est un être hors du commun, véritable OVNI politique, et pour cela aussi fascinant qu’admiré ou détesté, mais surtout parce qu’il est aux manettes d’un pays dont la prééminence sur la scène internationale est aujourd’hui contestée pour la première fois depuis qu’elle est devenue la première puissance mondiale. Trump, nous montre l’auteur, est l’accélérateur d’une rupture majeure avec un ordre unipolaire, né de l’écroulement de la puissance soviétique qui avait, elle-même, entraîné la fin de la bipolarisation Est-Ouest.
La parenthèse refermée de la « fin de l’Histoire »
Cette domination sans partage de l’Oncle Sam, qui était aussi celle de ce qu’Alexandre del Valle nomme l’ordre international libéral (OIL), et que Francis Fukuyama pensait (à tort, on le constate aujourd’hui) pouvoir inscrire dans le temps long au nom d’une « fin de l’Histoire ». Trump comme accélérateur, donc, mais aussi acteur, et conscient du rôle qu’il joue volontairement, et du repositionnement des États-Unis qu’il opère dans un monde en mutation dont il a à l’évidence compris comment, pourquoi, et par la volonté de qui il change.
Parce qu’il n’y a guère que le microcosme progressiste eurofédéraliste, celui de von der Leyen, Merz et Macron, pour cultiver, par presse subventionnée et surveillée interposée, le mythe d’une Europe-puissance et propagatrice d’un idéal admiré du monde entier. Occident, atlantisme, ordre international libéral… autant de vestiges d’un passé aujourd’hui contesté et qui se fissure de toutes parts. Le 20 Heures de France 2 ou de BFM TV peut bien nous raconter, chaque soir, la vision d’un conflit aux portes de l’Europe qui ne serait que l’affrontement entre un agresseur russe et un agressé ukrainien, l’analyse détaillée et documentée que nous en livre l’auteur en montre une tout autre dimension. L’histoire de la Rus’ de Kiev nous rappelle que ce conflit est presque une guerre civile entre frères de sang. La géopolitique nous rappelle qu’« Ukraine » signifie « marche », point de passage entre deux mondes, et en cela faille dans une tectonique des plaques qui voit se frotter l’euro-atlantisme et non plus la seule Russie mais les BRICS, où l’on trouve notamment aussi la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Égypte ou encore le Brésil. Au-delà de sanglants combats pour le Donbass se jouent la contestation du dollar comme référence monétaire mondiale, celle des organisations internationales nées depuis Yalta, celle encore de toute une pensée et d’une façon de penser occidentale, et celle bien sûr d’un ordre du monde dominé par l’Amérique puissance et ses satellites, européens au premier chef.










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