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L’extension du domaine de la lutte ou la stratégie iranienne d’élargissement du conflit

  • 5 avr.
  • 2 min de lecture

CHRONIQUE. L’épisode des avions et hélicoptère américains abattus montre que la guerre des Etats-Unis et d’Israël contre la République islamique iranienne - fruit d’un pari qui semblait gagnable rapidement comme au Venezuela - a fait rentrer Donald Trump dans un engrenage incontrôlable. Entre démonstration de puissance et perte de contrôle progressive, cette spirale confirme les limites d’un unilatéralisme américain confronté à un monde multipolaire, structuré par la résilience iranienne et l’opportunisme russo-chinois. L’enjeu de cette troisième guerre mondiale « par morceaux » (dixit l’ex-pape François), est la redistribution des hiérarchies mondiales entre empires ascendants et descendants, le contrôle des matières premières et la suprématie financière (dollar). Chaque option – retrait, escalade ou négociation – comporte pour Trump un risque de revers historique. Car si l’un des buts de guerre de Trump était d’enrayer la dédollarisation, l’exigence iranienne de faire payer en yuan le pétrole ainsi qu’un droit de passage à Ormuz, Trump peut difficilement sortir de cette guerre faisant un tel cadeau à Téhéran.




Le discours prononcé le 2 avril dernier par Trump a révélé une contradiction centrale : la guerre est présentée comme gagnée mais nécessitant encore des menaces d’anéantissement total. Cette oscillation entre promesses de désengagement rapide et surenchère verbale traduit l’absence d’horizon stratégique. L’histoire récente des interventions américaines, de l’Irak à l’Afghanistan, rappelle pourtant qu’une supériorité militaire écrasante ne garantit pas l’issue du conflit. En s’aliénant ses alliés européens, asiatiques et saoudiens (insultés ou sommés de payer l’effort américain et d’entrer en guerre contre leur gré), et en engageant une opération sans coalition solide, Washington a recréé les conditions d’un isolement stratégique qu’il prétendait précisément éviter.


Dans ce contexte, l’Iran n’affronte pas frontalement la puissance américaine, mais déplace le centre de gravité en élargissant tous azimuts la riposte. La pression sur le détroit d’Ormuz montre qu’il n’est pas nécessaire de fermer complètement le passage pour provoquer une onde de choc sur les marchés énergétiques mondiaux, car la simple incertitude suffit. En cela, la guerre de perturbation globale menée par Téhéran, donc cet « élargissement horizontal » du conflit, qui vise les flux, les coûts et les dépendances, s’inscrit dans une logique de contournement de l’ordre financier international dominé par le dollar.




 
 
 

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