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Alexandre del Valle : Ukraine Iran, deux fronts, une même horloge électorale

il y a 5 minutes
2 min de lecture

CHRONIQUE. Pris entre l’enlisement ukrainien et le risque d’embrasement au Moyen-Orient, Donald Trump doit choisir son front. À l’approche des mid-terms, l’urgence iranienne le pousse à chercher une sortie de guerre avec Moscou, quitte à se résoudre à accepter les conditions de Vladimir Poutine.



Une guerre d’Ukraine qui s’éternise, entre scandales de corruption à Kiev et pression budgétaire sur les alliés européens, coûte à Trump le bénéfice de sa promesse de « mettre fin à la guerre en 24 heures » ; une crise du Golfe qui déraperait — porte-avion touché, blocus faisant flamber les prix du pétrole — serait sanctionnée dans les urnes. Trump n’a ni les moyens ni le temps de gérer deux crises à la fois. D’où l’envoi, à Moscou, du patron de la CIA, John Ratcliffe, puis des émissaires-businessmen, Steve Witkoff et Jared Kushner, pour relancer l’« esprit d’Anchorage », c’est-à-dire un compromis avec la Russie — quitte à accepter les conditions politiques de Vladimir Poutine sur l’avenir institutionnel de l’Ukraine — afin de libérer les moyens nécessaires pour contenir le front iranien, seul à comporter un risque d’escalade directe avec l’armée américaine. Les deux guerres sont les deux faces d’un même arbitrage imposé par l’approche des mid-terms.


Ukraine : escalade symétrique et usure militaro-démographique et politique


Après un été de narrations occidentales annonçant une « victoire imminente ukrainienne » via la dronisation en profondeur du territoire russe (attaques sur les navires pétroliers et céréaliers en mer Noire, entrepôts énergétiques russes jusqu’à Moscou et Saint-Pétersbourg), Moscou a répliqué symétriquement sur les cibles logistiques, militaires et énergétiques ukrainiennes (Kiev, ports de la mer Noire, stations-service, locomotives, dépôts de carburant, navires de céréales). Au-delà de l’aérien, l’enjeu de masse, industrielle et démographique, prédomine : le front ukrainien ne tiendra plus sans mobilisation forcée ni renfort massif de troupes alliées, alors que la Russie monte en puissance…



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