Alexandre del Valle : Le Spectre de l’effondrement du Mali et du Sahel face au jihadisme
- AdV
- 9 nov. 2025
- 2 min de lecture
CHRONIQUE. Le 27 octobre 2025, l’Ambassade des États-Unis à Bamako a décrété l’évacuation de ses ressortissants. Washington confirme que le Mali s’enfonce dans l’abîme géopolitique. Bamako, cité mythique des trois caïmans, n’est plus que la capitale d’un État fragmenté, ruiné, et enclavé face au JNIM (Jama'at Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin), organisation djihadiste salafiste du Maghreb et d'Afrique de l'Ouest, issue de la fusion d'Ansar Dine, d'al-Mourabitoun et de la branche saharienne d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. Dans sa guerre asymétrique et hybride, le JNIM sectionne méthodiquement les veines vitales du pays : routes interdites, convois rançonnés, essence coupée, ceci dans le cadre d’une guerre asymétrique que ni les Français ni leurs successeurs russes ne sont parvenus à juguler.

Le Mali est dans un État de décomposition avancée face à la guerre hybride et asymétrique que ni les Français ni les Russesn’ont pu parer. Bamako a abdiqué la maîtrise de son domaine régalien, y compris les enclaves périurbaines. Le réseau logistique national agonise sous les embargos djihadistes qui ciblent le carburant.
La menace islamo-terroriste n’est plus circonscrite au champ martial, mais s’étend aux domaines géoéconomique et politique, aspirant non à la conquête territoriale frontale, mais à l’implosion par inanition. Le JNIM orchestre depuis des années l’autodissolution du Mali tel qu’on l’a connu depuis son indépendance, avec ses frontières post-coloniales mal tracées qui ont fait vivre dans un même Etats des ethnies qui jadis esclavagisaient les autres, comme le Soudan ou la RCA.
Chaque opération militaire de l’État malien – menées par des phalanges allant vers Ségou ou Sikasso, flanquées de l’appui aérien moscovite – n’engendre que des succès tactiques éphémères. Les katibas islamo-jihadistes, adeptes de la ruse de guerre enseignée dans la charià et le maghazit, s’évanouissent tactiquement pour resurgir d’un coup en prenant de revers les forces régulières privées d’essence. Le résultat sont les défections de masse et des familles comptant les jours sans subsistance à Bamako.










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