Alexandre del Valle : L’Europe, redevenue un champ de confrontation stratégique entre empires rivaux ?
- il y a 7 jours
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CHRONIQUE. La guerre d’Ukraine n’a pas seulement rouvert une fracture stratégique entre la Russie et l’Occident. Elle a surtout fait entrer l’Europe dans une zone de turbulence historique où le risque d’affrontement direct entre puissances nucléaires redevient imaginable. Trois ans après le début de l’intervention russe de février 2022, le conflit a cessé d’être une guerre périphérique limitée au Donbass ou à la mer Noire. Il est devenu le révélateur brutal d’un basculement géopolitique global, dans lequel les Européens, et plus particulièrement les Britanniques, les Allemands, les Polonais et plusieurs États nordiques, apparaissent désormais comme les principaux acteurs de la confrontation avec Moscou, au moment même où les États-Unis cherchent partiellement à se désengager pour concentrer leurs ressources sur la rivalité sino-américaine.

Pendant des décennies, les Européens ont construit leur prospérité sur la double illusion d’une paix perpétuelle garantie par la mondialisation et d’une protection militaire américaine illimitée. La guerre d’Ukraine a détruit ces deux certitudes, révélant que la puissance militaire reste déterminante et que les États-Unis, confrontés à leur dette colossale, à leur polarisation interne et à la montée de la Chine dans l’Indo-Pacifique, ne sont plus disposés à assumer seuls le coût d’une confrontation longue avec la Russie.
Dans ce contexte, plusieurs capitales européennes ont pris le relais de Washington dans l’escalade politico-militaire contre Moscou. Dès 2022, Londres est devenue le soutien militaire le plus offensif de Kiev, livrant des missiles antichars NLAW, puis des chars Challenger 2 et surtout…









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