Quand le rouble, devise faussement faible, devient une stratégie de puissance pour la Russie

Pour notre chroniqueur Alexandre del Valle, la décision de Viktor Orbán, triomphalement réélu à la tête de la Hongrie, de payer son gaz russe en roubles, scelle un véritable début de division de l’UE face à la Russie. La Commission européenne a d’ailleurs lancé presque le même jour une procédure de blocage des fonds européens destinés à la Hongrie, officiellement en raison de la « violation de l’état de droit et des règles du marché » par Budapest...



Le 7 mars, à la suite des méga-sanctions lancées par l’Occident contre la Russie, la demande de Poutine de faire payer le pétrole russe en roubles par les pays “inamicaux” semblait une bonne affaire pour l’UE, car le rouble, en baisse de 40 %, s’échangeait à 139 pour un dollar. Un mois plus tard, il se négociait à 78 pour un dollar, le niveau de celui d’avant l’invasion… Entre temps, de nombreuses sociétés publiques ou privées ont acheté des roubles, pendant que leurs gouvernements occidentaux affirmaient au G7 qu’ils ne « céderaient jamais » à la demande russe « non prévue dans les contrats »… Le rouble a été la devise la plus performante du monde en mars !, ceci malgré les méga-sanctions imposées au début de la guerre et renforcées depuis le carnage de Boutcha.


Comment les Russes ont-ils réussi à relancer leur monnaie ?


Premièrement, grâce aux “trous” dans le mur des sanctions imposées par la coalition de pays alliés aux États-Unis, qui épargnent le gaz russe et Gazprom/GazpromBank. Les sanctions visent à restreindre la capacité russe à acquérir des dollars et des euros, mais plusieurs pays européens continuent d’acheter du gaz russe parce qu’ils en sont dépendants et parce qu’il n’y a pas assez de fournisseurs alternatifs pour répondre à la demande. Trois pays de l’UE ont même accepté d’acheter directement le gaz russe en roubles, pas seulement la Hongrie de Orbán, mais aussi la Slovaquie et l’Autriche, pendant que les autres pays européens dépendants du gaz russe ont ouvert des comptes à la GazpromBank/Russie et y ont transféré des devises qui sont changées en roubles par cette banque, laquelle paie à son tour Gazprom en roubles au taux décidé par Moscou…


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