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Objectifs de la Russie en Ukraine et contre-stratégie occidentale

Au début de « l’opération militaire spéciale » russe et de l’invasion de l’Ukraine, les objectifs stratégiques de la Russie en Ukraine ont été, premièrement de priver l’armée ukrainienne de sa capacité à frapper le Donbass (voire la Crimée) qui, en février 2022, était sur le point d’être attaqué et récupéré par Kiev, laquelle bombardait à nouveau sa population russo-ukrainienne de façon intense depuis 2021, en violation des accords de Minsk, et l’avait massivement bombardée depuis 2014 et ensuite pendant huit ans (entre 10 000 et 14 000 morts) ; deuxièmement de créer un continuum territorial entre la Crimée au sud, hautement stratégique en Mer noire, et le Donbass, à l’Est et au Nord-Est ; troisièmement, éliminer les éléments les plus nationalistes antirusses de l’armée et du pouvoir ukrainiens (« démilitarisation » et « dénazification »), puis empêcher, par le conflit en cours, les Occidentaux et les dirigeants ukrainiens de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN, qui ne peut intégrer en son sein un pays en guerre et avec un contentieux territorial grave non résolu.



Au bout de plusieurs mois, et avant les premiers succès de la contre-offensive ukrainienne au printemps 2022, un objectif additif semble avoir été ajouté, moins prioritaire et susceptible d’évoluer et de servir d’élément de marchandage au gré des rapports de force : priver l'Ukraine de son accès à la Mer par le contrôle de tout le Sud de l’Ukraine (« nova Rossia»...). Comme on l’a vu depuis le printemps 2022, si les villes du nord-ouest ont été abandonnées par l’armée russe (et pas uniquement "reprises" par les forces ukrainiennes), les buts de guerre du Kremlin et de l’armée russe en Ukraine ont consisté à consolider le Donbass jusqu'à Marioupol au sud et jusqu'au Dniepr à l'Ouest et au centre, puis à tenter de priver l'Ukraine de son accès à la Mer par la jonction entre le Donbass et la Transnistrie, via Marioupol, la Crimée et Odessa. Cette dernière n’a pas été conquise par les Russes, elle est toujours bombardée par leur armée au moment où nous écrivons ces lignes. Si l’on ne peut nier que, au prétexte de défendre les « Russes » de l’Est de l’Ukraine attaqués par Kiev, l’armée ukrainienne s’apprêtait à reprendre le Donbass bombardé depuis 2014 (bilan 10 à 14 000 morts dont une très grande majorité de pro-russes), avec cette « Opération militaire spéciale », Moscou - qui a pris acte que l’Occident ne cessera jamais d’étendre l’OTAN à son « étranger proche », et d’étendre ses systèmes de défense anti-missiles et bases en Europe de l’Est - est tenté par la fuite en avant en augmentant la « masse critique » de l’Etat russe, via des conquêtes d’anciens territoires soviéto-russes peuplés de russophones et ou de pro-russes dans tout le sud du pays et à l'Est du Dniepr. En réalité, il est probable que l'armée russe n'ait pas eu initialement comme objectif d'envahir toute l'Ukraine, de sorte que le front nord-ouest semble avoir été plutôt une diversion pour y attirer les forces ukrainiennes et les détourner de l'Est en même temps qu'une phase initiale de destruction des infrastructures ukrainiennes, préalables au véritable objectif de conquête durable de l'Est et du Sud. Toutefois, les buts de guerre de Poutine évoluent constamment suivant les rapports de force et les contextes, y compris dans le cadre de surenchères en vue d’obtenir des marges de négociations, la Mer noire et Odessa étant des pièces centrales du puzzle.

La "Nouvelle Russie" (« Novorossia »), objectif maximal russe inacceptable pour l’Occident et les Ukrainiens



La vaste zone sud et Est de l'Ukraine russophone, contrôlée par la Russie jusqu'à 1770, et qui va du Donbass (russe jusqu’à Lénine) à la Transnistrie, est nommée par les stratèges russes et les néo-tsaristes "Novorossia", ou "Nouvelle Russie"/Новороссия. Son contrôle par la Russie priverait l'Ukraine de son accès à la Mer noire, ce qui est existentiellement inacceptable pour les Ukrainiens, ainsi que pour leurs alliés anglo-saxons et l'OTAN, imbibés des écrits des stratèges anglo-américains adeptes du "Sea Power" qui invitent à encercler le Heartland russe (Mckinder; Spykman, voir supra). De ce point de vue, l'Ukraine est le théâtre belligène d'un antagonisme bien plus large et ancien opposant les empires russe et anglosaxon[1]. Rappelons que cette "Novorossia" est une vaste plaine à l’est et sud-est-sud qui abritait la plupart des industries ukrainiennes et ex-soviétorusses (charbon, acier, armement, gaz naturel, etc) ainsi que les ports d'exportation stratégiques Marioupol et Odessa. Ces buts de guerre russes, s'ils étaient atteints, réduiraient l'Ukraine à un pays agricole totalement dépendant de l'UE ou inféodé à la Russie, option certes apparemment impossible aujourd’hui, car l'invasion russe n'a fait que rendre encore plus antirusses les Ukrainiens, russophones comme ukrainophones, d'ailleurs.


Cela reviendrait à enlever 40% de son territoire à l'Etat ukrainien. Il est donc totalement inacceptable par les Occidentaux, Américains et Anglais en tête. Et cette ambition russe empêche par lui-même tout accord de paix futur. De ce point de vue, l'occupation de la ville portuaire stratégique de Marioupol, qui donne le contrôle de la mer d'Azov, reprise aux Russes par les Ukrainiens en 2014, et reprise à nouveau par la Russie au printemps 2022, avait de ce fait été une "victoire" pour l'armée russe, car en contrôlant le territoire entre le golfe de Crimée jusqu'à la frontière russe actuelle, la Russie acquerrait un contrôle total sur la mer d'Azov et pourrait ainsi approvisionner le port militaire de Sébastopol depuis le pont actuel sur le détroit de Kertch et depuis le Donbass. D’où le fait que la contre-offensive ukrainienne, qui progresse certes bien plus lentement que prévu, au moment où nous rédigeons ces lignes, semble de plus en plus viser une récupération de la Crimée, option qui sera favorisée par la livraison de missiles de longue portée comme par exemple les Taurus allemands[2] sur le points d’être débloquée depuis la levée des objections des principaux partis politiques allemands. Dans une dérive plus générale encore de la guerre, la partie russe pourrait aller encore plus loin et activer l'option de la Transnistrie, donc ouvrir un autre front à l'Ouest, sachant qu'en cas de continuation de l'extension de l'OTAN vers l'Est, elle n'acceptera jamais que la Moldavie rejoigne l'OTAN. La guerre ukraino-russe pourrait alors s'étendre à la Transnistrie, en cas de persistance de l'Occident à "ne pas fermer la porte" de l'OTAN aux pays limitrophes de la Russie. La république indépendante russophone autoproclamée de Moldavie, la Transnistrie, située à l'Ouest d'Odessa, contrôlée par des séparatistes pro-russes depuis les années 1990 et occupée par l'armée russe, pourrait elle aussi faire partie de l'objectif de guerre russe dans sa dimension maximaliste, certes pour l’heure peu réalisable. Toutefois, la ville portuaire stratégique et russophone d'Odessa, certes loin d'être acquise au Kremlin étant donné le découplage entre russophonie et russophilie que Poutine a gravement sous-estimé, demeure un élément central de la Novorossia de par sa position stratégique en Mer noire pour exporter des biens et matières premières ukrainiennes par la Mer et pour l’accès des armées aux détroits turcs et à la Méditerranée.


Il est clair que les appuis anglo-américains, polonais, allemands et atlantistes des Ukrainiens vont tout faire pour empêcher ces scénarios autour de la « Nova Rossia », totalement inacceptables, pas uniquement d’ailleurs pour la question de l’exportation de blé et d’autres produits ukrainiens bloqués par le refus russe (fin juillet 2023) de reconduire l’accord sur les céréales conclu avec la Turquie et l’Ukraine sous les auspices des Nations unies. Les pays de l’OTAN ne peuvent en aucune manière laisser la partie septentrionale de la Mer du Nord devenir un « lac russe » et la mer du nord être réduite à un lac « russo-turc ». Et c’est pour cette raison que l’objectif des pays occidentaux est d’épuiser au maximum les forces conventionnelles russes par le surarmement des armées et milices ukrainiennes, tant que cela reste tenable, certes, et bien que, depuis août 2023, des signes de ralentissement et de baisse de soutien des opinions publiques sont perceptibles côté américain, notamment.


Toujours est-il que l'actuel soutien massif occidental - qui consiste à fournir de plus en plus d’armes offensives sophistiquées aux Ukrainiens, dont des missiles longue portée, comme des Taurus allemands, des drones (Reapers américains, notamment) et des avions de combats (F16) qui permettent de frapper des cibles en Russie et en Crimée, notamment - peut contribuer à faire évoluer la guerre russo-ukrainienne en un conflit direct russo-occidental, car la Russie a déclaré que ces systèmes d’armes occidentaux, s’ils sont utilisés contre le territoire russe ou les bâtiments militaires navals russe ou la Crimée, seront assimilés à des attaques de pays de l’OTAN... Rappelons que le fait de frapper directement le territoire russe par des armes à longue portée, comme les F16 ou les Taurus, constitue déjà en soi le franchissement d’une « ligne rouge ». Or cette ligne rouge est en fait de plus en plus mouvante et de moins en moins respectée tel que l’interprètent les Ukrainiens et leurs parrains occidentaux qui misent sur le bluff des menaces et avertissements russes.. La guerre russo-ukrainienne risque donc de plus en plus de dériver vers des théâtres se rapprochant des pays de l’OTAN : Mer Noire, Moldavie-Roumanie, et bien sûr Pologne, laquelle se sent menacée par les exercices russo-biélorusses et le groupe Wagner. Enfin, l’attaque de la Crimée est elle-même une ligne rouge susceptible de radicaliser encore plus Moscou et faire monter d’un cran la sismicité du choc Occident-Otan/Russie.


Sans oublier le risque d'une attaque nucléaire russe sur le territoire ukrainien, qui, tel que l’ont eux-mêmes prévenu les Etats-Unis et l’OTAN, serait très sévèrement « punie » par une destruction de la flotte russe en Mer noire (32 navires), voire de tout ou une partie de l’armée russe en territoire ukrainien occupé... Or pareil scenario d’actions-réactions punitives dont la Mer noire serait le théâtre de guerre majeur avec le Sud de l’Ukraine, constitue un véritable cauchemar et un casse-tête stratégique en termes de théorie des jeux, car l’on ne peut pas savoir quelle serait la « réponse » russe à la punition occidentale conventionnelle massive…

Si les Occidentaux continuent d'armer massivement les Ukrainiens en 2024 et sur la durée (ce qui n’est pas certain, notamment avec les élections américaines, d’où le choix des Russes de faire durer la guerre), et s’ils ne renoncent pas à une future à intégration à l'OTAN Moldavie, l'Ukraine et la Géorgie (refuse de mettre fin à la politique de "porte ouverte" inaugurée en 2008 qui a mis le feu aux poudres), Vladimir Poutine ne pourra qu'intensifier "l'Opération militaire spéciale", sachant que dans le contexte d’une mobilisation générale favorisée par les attaques croissantes ukrainiennes sur le sol russe et en Crimée puis sur des navires russes de Mer noire, la Russie peut littéralement épuiser les troupes ukrainiennes avec des millions de soldats russes qui n’ont pas encore été mobilisés massivement.

La guerre entre deux empires et deux modèles totalement antinomiques


L'objectif russe en Ukraine dépasse ce simple théâtre de guerre par procuration qui oppose en réalité, comme le montre la nouvelle course aux armements, deux empires historiquement et structurellement ennemis, l'empire territorial et continental (« Heartland ») russe "à l'ancienne", et l'empire maritime atlanto-anglosaxon, qui domine l'UE et veut contrôler le « Rimland » eurasiatique. Le Kremlin ne reculera pas. Il utilisera pratiquement tous les moyens possibles pour conserver le contrôle du territoire ukrainien oriental et méridional, dont l'accès à la Mer noire et les ports ultra-stratégiques - militairement et économiquement - de Marioupol et Odessa (en plus de la Crimée). Ce plan russe, qui n’est pas si nouveau, a est inconcevable pour l'empire anglosaxon et l'Occident, y compris la France (guerre de Crimée anglo-française de 1853 contre la Russie). Depuis un siècle et demi en effet, les stratèges anglais (Mackinder) et américains (Spykman, Mahan) de jadis comme ceux qui ont influencé les dirigeants américains pendant et après la Guerre froide, de Zbigniew Brzezinski à Georges Friedman, ont toujours œuvré au blocage de la Russie au Nord (Baltique), à l'Ouest (Roumanie, Ukraine, Pologne) , et au Sud (Crimée, Mer noire). Brzezinski écrivait ainsi, en 1997, dans son ouvrage majeur Le Grand Échiquier, "sans l'Ukraine la Russie cesse d'être un empire". Et cette vision est l’une des clefs d’explication de l’énorme investissement politique, médiatique, financier, puis idéologique et militaire des Etats-Unis et de l’UE en Ukraine en œuvre depuis 2004. Bloquer l'empire russe tsariste, soviétique ou post-soviétique poutinien en Mer noire et au nord des détroits turcs, et le priver du contrôle de l’Ukraine et de son « étranger proche », est une constante, une véritable tendance lourde de l’Histoire et de la géographie… De la même manière, à l’inverse, l’empire russe a toujours été en expansion vers l’Est, tout en cherchant à augmenter sa profondeur stratégique vers le Nord, l’Ouest et le Sud. D'une manière générale, l'Ukraine, la Géorgie (2008-), la Transnistrie (Moldavie), le Caucase (Arménie/Haut-Karabagh/Géorgie/Azerbaïdjan), et même l'Asie centrale ex-soviétique (Kirghizistan, Kazakhstan, Ouzbékistan, etc), régions pleines d'énergies et d'autres ressources, sont des théâtres de rivalités par interposition entre l’empire russe post-soviétique et l’empire occidental américano-atlantiste. La population ukrainienne est en fin de compte utilisée par les deux camps comme une zone d'affrontement, et si le Kremlin est généreux en vies sacrifiées, russes ou ukrainiennes, les Occidentaux ne le sont pas moins jusqu'aux "derniers Ukrainiens ».


Comme l'a bien montré avec cynisme réaliste le stratège américain de Stratfor (voir supra), "L'ombre de la CIA", George Friedman, dans une conférence au Chicago global Institute (voir supra), l'avantage de l'empire anglosaxon et son modus imperandi depuis les colonies britanniques, repose sur le principe de non-frontalité directe, de divide et impera (empêcher toute unité continentale eurasiatique), et donc de domination puis de conflictualité indirecte ou déléguée. A contrario, la force immédiate mais qui est une faiblesse à long terme, de l'empire territorial russe réside dans la difficulté de maintenir sous un joug d'occupation directe et physique un territoire habité par une population devenue hostile. L'enjeu des Etats-Unis est donc de tout faire pour embourber les Russes en Ukraine quitte à les pousser aux pires exactions afin de durablement faire "perdre les cœurs" des russophones d'Ukraine aux occupants/grands frères russes. Les Anglo-saxons et l'ensemble des dirigeants occidentaux sont persuadés que leur massive aide économique et militaire aux Ukrainiens permettra de chasser à terme définitivement l'armée russe de Crimée, du Donbass et de tous les territoires pris par l'Armée rouge. En réalité, le manque de personnel militaire ukrainien qualifié pour manier les armes de plus en plus sophistiquées livrées par les Anglo-saxons et d'autres pays de l'OTAN aux forces ukrainiennes, puis l'affaiblissement considérable des forces humaines ukrainiennes et des infrastructures du pays (y compris ports et aéroports depuis juin 2023) incitent les experts de la chose militaire de douter du caractère inéluctable de pareil scénario optimiste... Mais il est clair qu'aucun scénario n'est à écarter. Il est vrai que si gagner la guerre est possible pour le Kremlin, gagner la bataille de la reconstruction économique et surtout des cœurs de l’Ukraine attaquée sera bien plus difficile.


L'empire occidental, à la fois politico-militaire et idéologico-cognitif (soft power), mais surtout économique et financier (armes des sanctions de masses), dispose d'armes et de plans stratégiques de conquête et de dominations sans équivalents dans le reste du monde. La Russie n'a pas encore pris de plein fouet les conséquences dévastatrices des sanctions et embargos, et la dédollarisation qu'elle souhaite accélérer, mais qui sera lente, ne provoquera pas forcément un effet domino dévastateur car l'industrie américaine pourrait plus facilement être relocalisée et relancée avec une baisse du dollar induite par la dédollarisation.


Toutefois, la faiblesse majeure de l'Occident réside dans la faible propension des dirigeants des démocraties libérales à servir l'intérêt national et civilisationnel de leurs nations et à écouter les stratèges compétents, au profit de logiques électoralistes court-termistes ou de démagogie consistant à surfer sur les émotions portées par les lobbies médiatiques et associatifs liés à des intérêts transnationaux. On peut bien sûr également mentionner les lobbies de l'armement et du gaz de schiste américains, qui ont poussé l’Administration Biden (la vice-présidente américaine Kamala Harris n’est autre que l’épouse de l’ex-lobbyiste de la société d’armement Looked Martin), à permettre les conditions d'une guerre durable en Ukraine afin de faire perdurer les ventes d’armes américaines en Europe pour remplacer le « marché » en Afghanistan avec le retrait de l’armée américaine en 2020. Ceci n'est pas une bonne nouvelle pour la paix car les industries de l'armement occidentalo-américaines - et donc l'OTAN - n'ont aucun intérêt à promouvoir pour le moment une vraie solution de paix en Ukraine et donc surtout pas à cesser d'encercler la Russie à l’Est, au sud et au nord, par l’extension de l’OTAN, ce qui fait gagner à Washington de nouveaux pays-clients acheteurs d’armements américains. Or cette spirale infernale ne peut qu'acculer l'ours russe blessé à devenir encore plus imprévisible et à commettre l'irréparable...


La solution à ce conflit et les voies à explorer dans le futur pour éviter que d'autres fronts ne s'allument dans d'autres "zones rouges" voisines ne pourront pas faire l'économie de la question de l'extension néo-impériale de l'Alliance atlantique, des institutions et des modèles politiques occidentaux vers « l’étranger proche » russe. Toute formule de paix gagnante devra proposer aux différentes nations du Continent européen une nouvelle architecture globale de sécurité moins belligène que celle exclusivement induite par l'OTAN, qui est en soi une machine à faire tourner les industries d'armement américaines et à faire acheter, face à la menace russe, des systèmes d’armements atlanto-interopérables donc américains... On est loin de cette perspective sage visant à tenir compte dans le futur de complexe d’encerclement obsidional russe. De ce fait, l’interventionnisme renforcé de l’Otan, depuis l’invasion russe de l’Ukraine, couplé au prosélytisme occidental et à la volonté américaine de réduire la profondeur stratégique russe en Europe et donc de l’affaiblir existentiellement, est, tout autant que néo-impérialisme russe du Kremlin, une cause profonde majeure de la guerre en Ukraine, dont la population, prise en otage par ces deux empires, paie le prix humain le plus lourd.

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