Le noyautage des institutions européennes par l'islamisme au nom de la “lutte contre l’islamophobie"

Pour notre chroniqueur, Alexandre del Valle, la récente campagne pro-voile du Conseil de l’Europe (CoE) a eu le mérite de dévoiler l’entrisme subversif des Frères musulmans, dont maintes organisations affiliées comme le Forum of European Muslim Youth and Student Organisations (FEMYSO) ou l’European Forum of Muslim Women (EFOMW), sont devenues des partenaires officiels de l’Union européenne et du CoE en infiltrant les associations antiracistes, wokistes et féministes... un comble pour des partisans de la Charià, donc de la polygamie et de l’homophobie !





Un document de 19 pages intitulé Le Projet, trouvé par la police suisse en 2001 lors d’une perquisition au domicile de Youssef Nada, patron de la Taqwa Bank, la banque des Frères musulmans, basée à Lugano (accusée d’avoir financé Al-Qaïda), annonçait la stratégie de conquête des Frères en Europe : infiltration, entrisme, dissimulation. Extrait parmi d’autres : « Les musulmans ne doivent pas agir au nom de la Confrérie, mais s’infiltrer dans les organismes existants. Ils ne peuvent ainsi être repérés puis neutralisés »… L’idée est de créer une “coalition informelle” qui dissimule l’agenda politico-religieux derrière la lutte contre l’islamophobie et les questions sociales. D’où l’alliance “islamo-féministe”, “islamo-progressiste” et même “islamo-wokiste”. Pourtant, les écrits des leaders des Frères musulmans et de leur équivalent turc du Milli Görüs (Hassan Al-Banna, Sayid Qutb, Youssef al-Qardaoui, Necmettin Erbakan, Saïd Ramadan, etc.), sont christianophobes, antisémites, misogynes, athéophobes et suprémacistes et ont influencé les fondateurs d’Al-Qaïda Ben Laden et Abdullah Azzam. Les Frères musulmans ont d’ailleurs une branche terroriste officielle : le Hamas palestinien. Leur slogan est : « Allah est notre ultime but. Le Messager est notre exemple et guide. Le Coran est notre constitution. Le jihad est notre voie. Mourir dans le sentier d’Allah est notre plus grand espoir »… Mais la stratégie de dissimulation victimaire leur a permis d’être adoubés et même financés par les instances européennes !


Aux côtés des Frères musulmans, c’est un véritable lobby islamique mondial qui voit dans l’Europe culpabilisée une proie de luxe : la Ligue islamique mondiale, qui dispose d’un siège de 3 000 m² à Bruxelles, la Fédération des Organisation Islamiques d’Europe (FOIE), antenne européenne des Frères musulmans ; le Forum de la jeunesse musulmane européenne, également basé à Bruxelles ; le Conseil européen de la fatwa (CEF-Dar al-Fatwa), présidé par le prédicateur frère-musulman, Youssef al-Qardaoui, dont les fatwas répondent aux « problèmes des musulmans d’Europe en conformité avec les règles et objectifs de la Charià » (“charià de minorité”) ; l’European Trust, l’organe du Qatar qui finance les projets des Frères et du Milli Görüs turc en Europe ; ou encore l’Institut européen des sciences humaines, basé à Château-Chinon (IESH), dont al-Qardaoui est le jurisconsulte de référence. Ce dernier explique dans son ouvrage Le Licite et l’Illicite, que « la polygamie est un droit pour tous les musulmans » et que le mari peut frapper sa femme « en évitant le visage ». Dans une fatwa de 2003, il autorisait les attentats-suicides commis contre les « sionistes » ou les « apostats ». Une opinion partagée par M. Mawlawi, l’ex-vice-président du Conseil de la fatwa, qui expliquait que le terrorisme est souvent un « jihad légitime ». D’autres fatwas de Qardaoui déclarent licite le fait de tuer, juifs, blasphémateurs, homosexuels et adultères…


Les antiracistes européistes, idiot-utiles de l’islamisme


Les Frères musulmans et le Milli Görüs sont malgré ce lourd passif totalitaire représentés dans les organismes “antiracistes” du Conseil de l’Europe (CoE) : la Commission européenne sur Le Racisme et l’Intolérance (ECRI), qui considère “raciste” la critique de l’islamisme et l’assimilation, vue comme une « dissolution de l’individu musulman », et l’Observatoire européen des phénomènes Racistes et Xénophobes, qui s’alarme du « manque de courtoisie et d’ouverture d’esprit des Européens rétifs à accepter l’arrivée massive d’immigrés musulmans… ». De même, pour l’European Network Against Racism (ENAR), qui coordonne les actions anti-islamophobie/anti-discrimination de l’Union européenne en coopération avec les Frères et le Milli Görüs, la radicalisation s’expliquerait par la « haine antimusulmans » et le « racisme systémique » des États européens. Quant aux rapports de l’Organisation de la Sécurité et de la Coopération en Europe (OSCE) sur la discrimination, ils présentent les jeunes filles voilées comme des victimes de « l’exclusion » et préconisent que les manuels scolaires valorisent plus l’islam. Une demande relayée aussi par Dialogue Euro-Arabe (DEA) de l’UE, qui appelle à une refonte des manuels universitaires, ou encore la fondation européenne Anna Lindh, qui préconise que les cours d’histoire soient « adaptés à la présence islamique » et « rejette l’assimilation », vue comme raciste. Dans la même logique victimaire, Hande Taner, la présidente de la FEMYSO, à l’origine de la campagne pro-voile du Conseil de l’Europe, a expliqué sur Al-Jazeera que la France « est la capitale du préjugé occidental » pour avoir fait retirer du web sa campagne pro-hijab.


Dans la logique du Projet des Frères musulmans, un autre lobby islamiste mondial fort influent en Europe, l’ISESCO, l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture, alerte les musulmans d’Europe, dans un document consultable sur son site (Stratégie de l’action culturelle islamique à l’extérieur du monde islamique), sur le risque d’une « dilution de leur identité » et de « contamination » par les valeurs « impies ». Pour info, le 3 décembre 2008, Abdulaziz Othman Altwaijri, ex-directeur général de l’ISESCO, dont le jurisconsulte de référence est aussi le frériste Qardaoui, décerna la “Médaille de l’ISESCO” à M. Terry Davis, secrétaire général du Conseil de l’Europe. Déjà, le 15 juin 2004, Walter Schwimmer, représentant du CoE, expliquait que « la composante islamique est une partie intégrante de la diversité de l’Europe » et évoquait « l’engagement du Conseil de l’Europe pour lutter contre l’islamophobie ».


Quand l’Europe finance la “formation d’une élite musulmane européenne”


Outre l’European Muslim Network (créé par Tariq Ramadan), le CoE et la Commission européenne financent la FEMYSO, qui reçoit chaque année cent mille euros. L’objectif de la FEMYSO, qui est l’un des trente membres du Conseil consultatif sur la jeunesse du CoE, est de « former une élite musulmane européenne », action menée en commun avec le Milli Görüs, la maison-mère de l’islamisme turc anti-kémaliste, dont le siège est en Allemagne. Bien que l’ADN idéologique de ces mouvances soient la théocratie califale, l’antisémitisme, la haine de l’Occident “pervers-croisé” et la désassimilation des musulmans appelés à devenir un noyau prosélyte destiné à islamiser l’Europe et le monde (“Takmine planétaire”), leur actions d’antiracisme et de déradicalisation menées à travers le Radicalisation Awareness Network et les études de l’ENAR, leur ont permis de recevoir des millions d’euros des instances européennes.


Le 23 avril 2021, avec l’aide financière de la DG Justice de la Commission, la Fédération européenne des journalistes a ainsi organisé un webinaire : « Comment contrer les récits anti-musulmans dans les médias ? » et une “formation” en collaboration avec les Frères musulmans, dont M. Privot, directeur de l’ENAR, est un supporter. Mieux, la direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission européenne (ECHO) a accordé 712 000 euros à l’association frériste, Islamic Relief Germany (IRG), accusée depuis 2001 de liens jihadistes et épinglée pour son antisémitisme. Cela n’a pas empêché en 2019-2020 la Suède de lui accorder 1,9 millions d’euros pour une “aide à Gaza”, contrôlée par le Hamas terroriste… Un des anciens directeurs d’IRG, Ahmed Al-Rawi, a d’ailleurs été président de la FOIE (Frères musulmans européens) et est membre du Conseil européen de la Fatwa. Enfin, une récente enquête de Marianne a révélé que l’European Islamophobia Report 2018 (EIR), publié par la Fondation SETA, affiliée au gouvernement d’Erdogan, a été financé par la Commission européenne à hauteur de 126 951,81 euros…