Lobby panislamiste européen: les dessous du scandale de la campagne pro-hijab du Conseil de l’Europe

Cette semaine, Alexandre del Valle revient sur la campagne pro-hijab lancée par le Conseil de l’Europe (CoE), fruit selon lui d’une stratégie de conquête-islamisation de long terme conçue par un véritable lobby islamiste mondial qui voit dans le Vieux Continent culpabilisé et les instances européistes une terre de conquête...




Intitulée « WE CAN for human rights speech », la campagne pro-voile islamique a été conçue – dans le cadre de la “Journée contre l’islamophobie” que l’Europe célèbre chaque 21 septembre – par un “atelier” (450 millions d’euros payés par le CoE et l’UE) qui a repris à la lettre les témoignages de militantes membres de deux organisations islamistes partenaires du CoE et de l’Union européenne : le Forum of European Muslim Youth and Student Organisations (FEMYSO) et l’European Forum of Muslim Women (EFOMW), émanations de l’UOIE, la structure européenne des Frères musulmans. Les affiches de la campagne, lancées le 28 octobre sur le compte Twitter de la division « anti-discrimination et inclusion » du CoE, mettaient en scène des femmes voilées vantant le bonheur du hijab par ces slogans orwéliens : « la liberté dans le hijab », « le hijab est mon choix », ou encore « accepter le hijab c’est apporter la joie ».


Une collaboration de longue date entre instances euro-onusiennes et suprémacisme islamiste


Créée en 1996, la FEMYSO se présente comme une « Organisation européenne non-gouvernementale à but non lucratif qui œuvre à promouvoir la participation à une citoyenneté active auprès de la jeunesse musulmane européenne ». Le CoE l’a désignée comme l’un des 30 membres de son “Conseil consultatif sur la jeunesse”. Elle est également consultée par le Parlement européen et l’ONU. En mai 2011, la FEMYSO, dont l’ex-présidente, Intissar Kherigi est la fille de Rached Ghannouchi, le leader de l’islamisme frériste tunisien (Ennahda), avait notamment organisé avec Tariq Ramadan une session d’études sur l’islamophobie au Centre européen de la Jeunesse qui dépend lui aussi du CoE. Le profil de l’actuelle directrice Com de la FEMYSO, Hande Taner, est révélateur : Taner est issue de la branche néerlandaise de la communauté islamique Millî Görüs (IGMG), une organisation islamiste turque qui partage avec les Frères musulmans le même suprémacisme néo-Califal et le même complotisme anti-judéo-maçonnique. Le comble est que ces organisations aux références et leaders (Hassan Al-Banna, Sayid Qutb, Youssef al-Qardaoui, Necmettin Erbakan, Saïd Ramadan, etc.) ouvertement anti-mécréants, christianophobes, antisémites et misogynes ont réussi à devenir les partenaires des lobbies “antiracistes”, d’instances européistes et onusiennes et même de militants wokistes en guerre contre le racisme et le sexisme ! La FEMYSO relaie d’ailleurs sur les réseaux sociaux les actions du très radical Marwan Muhammad, l’ex-directeur du Conseil contre l’islamophobie en France, qui a été dissout par Gérard Darmanin, mais qui est réapparu en Belgique sous le nom de Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) et qui est “consulté” par le CoE et l’UE dans le cadre de l’European Network against Racism (ENAR)…


L’objectif de ces organisations islamistes “européennes” turco-fréristes représentées par la FEMYSO est clair : “former une élite musulmane européenne”. Il reprend la préconisation du « Projet », titre d’un opuscule des Frères musulmans récupéré en 2001 par la police suisse lors d’une perquisition au siège de la Taqwa Bank, la banque des Frères musulmans à Lugano, et qui expliquait sous la plume du fondateur de la branche européenne des Frères, Said Ramadan (père de Tariq), la stratégie d’entrisme et de conquête du ventre-mou européen dans le cadre de l’objectif final du “triomphe de la loi de Dieu sur terre” (Takmine planétaire). D’autres organisations liées aux Frères musulmans sont partenaires de la Commission européenne et du CoE : l’Institut européen des sciences humaines (IESH), basé à Saint-Léger-du-Fourgeret, qui forme les “imams européens”, l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), qui promeut depuis les années 1990, avec à sa tête l’Arabie Saoudite, le Pakistan et la Turquie, la charià dans tous les pays islamiques et encourage les Musulmans d’Occident à ne pas s’intégrer et à conquérir l’Europe par le prosélytisme sous couvert de “droit à la différence”; l’European Muslim Initiative for Social Cohésion (EMISCO), l’European Network on Religion and Belief (ENORB), ou encore le Conseil musulman de coopération en Europe (CMCE), qui est entré dès 1997 dans le Groupe des “conseillers politiques de la Commission européenne”


Empêcher l’intégration des musulmans aux mœurs “mécréantes” de l’Occident et en faire un noyau-dur d’une islamisation future du ventre-mou européen


Une attention particulière mérite d’être accordée à l’ISESCO, Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture, cet “UNESCO du monde musulman”, qui travaille à la fois avec les monarchies du Golfe et les Frères musulmans et elle aussi partenaire officiel de l’UE et du Conseil de l’Europe. Sa référence majeure est le très anti-juif et homophobe Youssef Al-Qardaoui, jurisconsulte basé au Qatar et co-fondateur-co-président des associations fréristes basées en Europe. Le texte majeur de l’ISESCO, intitulé « Stratégie de l’action culturelle islamique à l’extérieur du monde islamique », consultable sur le site officiel de l’organisation, préconise une « stratégie » de séparatisme, étape préalable à l’islamisation future de l’Occident, en alertant les musulmans y vivant sur le risque d’une « dilution de leur identité » et de « contamination » par les valeurs « impies-perverses » incompatibles avec les principes de la charià. Signe de cette collaboration euro-islamiste : le 3 décembre 2008, Abdulaziz Othman Altwaijri, ex-directeur général de l’ISESCO, a décerné la “Médaille de l’ISESCO” à M. Terry Davis, secrétaire général du Conseil de l’Europe, en « reconnaissance de ses efforts dans l’instauration des ponts d’entente et de dialogue entre l’Europe et le monde islamique, à travers un accord de coopération signé entre le Conseil de l’Europe et l’ISESCO ». Abdulaziz Othman Altwaijri (photo), prédicateur fanatique saoudien, préconise « la formation en Europe d’une communauté islamique (la Oumma) aux principes coraniques ». Dans le même esprit, un document fondateur de l’OCI affirme que « les communautés d’immigrants musulmans en Europe font partie de la nation islamique » et recommande « une série de mesures visant à empêcher l’intégration et l’assimilation des musulmans dans la culture européenne ». C’est dans le cadre de cette stratégie de “désassimilation” que l’OCI a inauguré, à Bruxelles, le 25 juin 2013, une « mission permanente d’observation », en présence de diplomates, hauts fonctionnaires européens et responsables musulmans.


De l’aveu même du CoE, la campagne répondait aux demandes du rapport 2020 des Nations unies sur La Liberté de religion et de conviction sur la haine antimusulmane et l’islamophobie, et aux requêtes du Rapporteur spécial des Nations unies sur les discriminations, Ahmed Shaheed, auteur d’un récent rapportCombattre l’islamophobie (2021). Shaheed, ex-ministre des Maldives (pays qui interdit la Bible et toutes les fêtes chrétiennes…), assimile les débats sur les attentats islamistes en Europe et les mesures sécuritaires contre le jihadisme depuis le 11 septembre 2001 comme un « racisme structurel » envers les musulmans vus comme un « groupe vulnérable » victime par nature. Son rapport s’appuie sur des travaux d’universitaires “décolonialistes”, indigénistes et racialistes qui voient dans les restrictions au port du voile intégral ou les règles d’urbanisme limitant la construction de lieux de culte, et même la dissolution d’associations islamistes radicales comme le CCIF et BarakaCity en France, des preuves du « racisme anti-musulmans » occidental… L’islamophobie est selon lui la cause de la faible réussite scolaire et du fort taux de chômage des musulmans en Europe… Il préconise des « instruments de lutte contre l’islamophobie » et une valorisation de l’importance des musulmans dans la civilisation occidentale. L’objectif réel de ces militants pro-islamistes qui ont infiltré depuis des décennies les instances onusiennes et européennes, est double : empêcher l’intégration des musulmans aux mœurs “mécréantes” de l’Occident et en faire un noyau-dur d’une islamisation future du ventre-mou européen, démographiquement déclinant et psychologiquement culpabilisé, ceci grâce à une stratégie victimaire consistant à instrumentaliser et retourner le multiculturalisme, la tolérance et l’antiracisme au profit du suprémacisme islamiste.