L'ombre des Frères musulmans derrière la campagne de condamnations d'al-Sissi et de l'Egypte

En Egypte, les Frères musulmans traversent la plus grave crise de leur histoire. L'organisation est interdite, ses membres sont traqués, sa légitimité endommagée par la pitoyable gouvernance de leur ancien président en 2012, Mohamed Morsi, dont la destitution avait été réclamée par 30 millions de manifestants en 2013. Dans ce combat, le Caire est très peu soutenu par l'Union européenne, et nombre de progressistes occidentaux ne cessent de condamner al-Sissi tout en demeurant très discrets sur le Qatar et la Turquie qui appuient pourtant la confrérie islamiste, analyse notre chroniqueur Alexandre del Valle.


La confrérie des Frères musulmans, matrice de l'islam politique et du djihadisme, est combattue dans plusieurs pays arabes (Egypte, Émirats arabes unis, Bahreïn, Syrie, Arabie saoudite, etc.) mais a plus que jamais pignon sur rue en Europe : elle est influente au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), elle est des lobbies très puissants aux Etats-Unis (CAIR), et leur guide suprême lui-même, Ibrahim Mounir, réfugié à Londres, mène à partir du Royaume-Uni une campagne de dénigrement internationale contre le Caire et al-Sissi. La stratégie, habile, consiste à sensibiliser les « progressistes » occidentaux en martelant qu'al-Sissi fait massivement arrêter les militants des droits de l'homme, des journalistes libres, activistes LGBT, défenseurs des droits, mis ainsi sur le même plan que la majorité des condamnés qui sont essentiellement des djihadistes et activistes des Frères musulmans.

Ainsi, lorsque l'ex-guide de la confrérie, Mahmoud Ezzat, a été condamné pour avoir appelé à la lutte terroriste contre al-Sissi avec des centaines de « Frères » liés au groupe djihadiste Hasm, les Frères musulmans ont fait passer ces vagues de condamnations pour des « répressions des forces d'opposition démocratiques ». Au même moment, la haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Michelle Bachelet, a dénoncé un « déni de justice majeur et irréversible » en Egypte ; le 24 octobre 2020, le Parlement européen a appelé à une « révision en profondeur » des relations avec l'Egypte, qui devraient être conditionnées à la question des droits de l'homme, puis en décembre dernier, 84 députés européens, 138 parlementaires nationaux de l'UE et 56 membres du Congrès américain ont écrit à al-Sissi pour exiger que les autorités égyptiennes « libèrent immédiatement et de manière inconditionnelle » tous les « détenus d'opinion ». D'après le député égyptien et patron de presse, Abdelrahim Ali, président du CEMO, basé à Paris, nombre d'ONG et politiques qui dénoncent les violations des droits de l'homme en Egypte prennent en fait leurs informations auprès de « cadres des Frères musulmans en Occident qui ont été condamnés pour de nombreux assassinats et violences en Egypte. On oublie en Occident qu'aucun endroit en Egypte n’a échappé aux mille attaques qui ont provoqué la mort de 4 000 personnes dans les rangs de l’armée et de la police et parmi les civils depuis 2013 ». Il est vrai que l'Egypte est l'un des rares alliés arabes fiables de l'Occident, avec les Émirats, face à la menace commune de l'islamisme politique (les Frères musulmans et la Turquie d'Erdogan) et djihadiste. Sans surprise, « islamo-gauchistes » et Verts européens sont à l'origine des plus virulentes campagnes de diabolisation d'al-Sissi, à mettre en parallèle avec leur défense permanente des thèmes des Frères musulmans (lutte contre « l'islamophobie », communautarisme, campagnes pro-voile, indigénisme, antisionisme).

Ces mêmes « islamo-gauchistes » rouges-verts ont jadis fait la gloire d'un Tariq Ramadan, et dans les années 1960-70, de son père Said Ramadan, gendre du fondateur de la confrérie, Hassan Al-Banna, qui l'installa en Europe depuis la Suisse et déversa sa haine envers les juifs et l'Occident croisé. On retrouve ici la « convergence des luttes » contre l'Occident honni. En toute logique du deux poids deux mesures, ces forces « antifascistes » n'ont jamais condamné le mouvement terroriste des Frères musulmans Hamas, à Gaza, ni les leaders historiques des Frères musulmans comme Abdullah Azzam, mentor d'Oussama Ben Laden, ou avant lui le Grand Mufti de Jérusalem, Al-Husseini, partisan officiel du régime nazi et de la Solution finale...

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