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L’aveuglement forcené de l’Occident face aux assauts islamistes

L’Occident a laissé se développer une cinquième colonne dans son territoire.


Atlantico : Quelle a été la naïveté de l’Occident au niveau de la diplomatie vis-à-vis de l’islamisme ?



Alexandre del Valle : L’Occident a énormément misé sur ses relations avec les pays arabes islamistes et ultra-conservateurs du Golfe, entre 1945 (pacte de Quincy USA-Saoud) et les années 2020, non seulement avec l’Arabie saoudite, mais l’islamisme étatique et intégriste en général, étatique (pays du Golfe, Pakistan, Turquie d’Erdogan) comme associatif (Frères musulmans, salafisme wahhabite, Milli Görüs, Jamaat i islami, etc). Or, l’Arabie saoudite a utilisé son poids diplomatique, économique et pétrolier pour faire accepter par l’Occident sa vision de l’islam, une vision théocratique intégriste et même totalitaire (salafisme/wahhabisme), est l’une des sources de l’islamisme radical mondial, tant politique que jihadiste, et qui est devenue dominante dans la diaspora musulmane en Occident grâce aux fonds qui ont permis aux Saoud et à ses partenaires ultra-conservateurs du Golfe d’influencer l’ensemble du monde musulman mais aussi, directement ou très indirectement, les structures de représentations de l’islam officiel en Occident agrées par les pays européens et les Etats-Unis dans le cadre d’une immense erreur, soulevée ces jours-ci dans une interview du diplomate-stratège américain Henry Kissinger, qui a consisté non seulement à privilégier l’immigration extra-occidentale islamique difficilement intégrable, mais, plus grave encore, à laisser ces populations extra-européennes aux mœurs naturellement très différentes des nôtres se laisser influencer, voire même souvent endoctriner par les grands pôles de l’islamisme mondial, dont les leaders craignaient plus que tout l’assimilation aux mœurs « impies » des « infidèles ».


On voit bien ici que le diplomatique a rejailli dangereusement sur le national : au cœur même de l’Occident, dans la gestion de l’islam interne, les mêmes tendances islamistes des pays avec lesquels nous étions alliés d’un point de vue diplomatique et économique se sont retrouvées dans nos « banlieues de l’islam ». Et ces pays et organisations islamiques mondiales sunnites (Saoudiens avant MBS, Qatar depuis les années 2000, Koweït, Turquie depuis 2002 avec Erdogan, Pakistan depuis toujours, etc), puis les grandes organisations panislamiques : ISESCO, OCI, LIM, etc), longtemps utilisées contre le communisme soviétique (« syndrome afghan ») sous la guerre froide, contre l’Iran chiite, ou pour fabriquer des pétrodollars et nous alimenter en hydrocarbures, n’étaient pas si amicaux que cela… Ils ont pratiqué chez nous, sous couvert de liberté religieuse et d’encadrement du culte musulman, une ingérence subversive qui a consisté à radicaliser nos communauté musulmanes notre propre sol démocratique et laïque en leur inculquant une version totalitaire et ou ultra-conservatrice et séparatiste de l’islam. Nous étions alliés à l’époque avec l’Etat qui dispensait l’islam le plus violent, le plus conservateur et le plus totalitaire : l’Arabie saoudite, qui dispensait partout dans le monde le wahhabisme, une des voies du fameux salafisme, et appuyait partout les Frères musulmans. Cela n’a pas aidé à construire un islam modéré en Europe.


Certes, dans les années 2000, l’Arabie saoudite s’est brouillée avec les Frères musulmans subversifs qui devenaient dangereux pour Riyad car révolutionnaire, et cela explique en partie la grave rupture des années 2010-2019 avec le Qatar, qui a totalement repris à son compte depuis le soutien politique, idéologique et financier aux Frères musulmans quant à eux très liés aux forces de gauche en Occident dans une logique d’instrumentalisation de l’antiracisme (« lutte contre l’islamophobie ») au profit du repli communautaire confessionnel islamique.


L’Arabie saoudite donc a cessé d’aider et de financer les Frères musulmans, et est même entré en guerre totale contre eux, tout comme l’Egypte, important partenaire de la France, et les Emirats, alliés de la France (base militaire, alliance diplomatique et politique). Depuis l’arrivée de Ben Salmane, l’Arabie saoudite, les Emirats, l’Egypte luttent contre une forme d’islamisme radical, le frérisme, tandis que d’autres grands alliés bien plus ambigus de l’Occident, le Qatar, le Koweït et la Turquie (membre de l’OTAN) appuient partout dans le monde et jusque dans nos démocraties et « quartiers », l’islam politique subversif du Frérisme. Bizarrement, l’Occident demeure pieds et poings liés avec le nouveau parrain de l’islamisme politique, le Qatar, financier et pays de refuge des cadres des Frères musulmans comme de leur branche la plus violente, le Hamas palestinien. Cela est stupéfiant. Le Qatar poursuit l’action de l’Arabie saoudite qui pendant des années avait financé les centres des Frères musulmans en Europe, notamment le Centre islamique de Genève de la famille Ramadan, mais aussi les sièges de la Ligue islamique mondiale en Belgique, en France et ailleurs, et plutôt de changer nos alliances ou exiger de nos partenaires de ne plus pratiquer l’ingérence politico-religieuse chez nous en tirant les leçons du passé, nous faisons avec ces puissances pro-fréristes la même erreur grave que jadis avec les Saoud. Dans les années 2000, lorsque les Saoud s’éloignaient des Frères musulmans, il y a même eu un engouement pour le Qatar qui a pris le relais dans le financement de l’islam politique et de l’islamisme radical.


De même, au lieu d’encourager les forces kémalistes laïques en Turquie, en 2002-2003 les Occidentaux ont tous appuyé la Turquie néo-islamique de Recep Taiyyp Erdogan, qui, comme le Pakistan, le Qatar, le Koweït, l’ISESCO, l’OCI et les Frères musulmans, a distillé au sein des populations musulmanes d’Europe, l’idéologie du séparatisme islamiste dont l’objectif premier est d’empêcher l’intégration-assimilation des musulmans aux mœurs « infidèles » afin de les instrumentaliser-fidéliser à des fins d’ingérence politico-religieuse et stratégique.


Ces contradictions dans nos choix politiques et notre incapacité à exiger des partenaires extérieurs de ne pas s’immiscer dans nos affaires religieuses et communautaires expliquent l’embarras, aujourd’hui, de nombreux dirigeants politiques européens et nord-américains qui, comme Olaf Scholz en Allemagne, les démocrates américains ou la droite en France notamment, depuis l’attaque du Hamas contre des civils israéliens, sont obligés de dire que les Frères musulmans sont dangereux car liés au Hamas, mais refusent de rompre et même de critiquer le Qatar malgré ses liens avec les Frères musulmans et sa participation au financement du Hamas à Gaza et de l’islam politique en général. Le fait que les pays occidentaux soient sont pieds et poings liés avec le Qatar, comme ce fut le cas jadis avec l’Arabie saoudite, explique pourquoi très peu dénoncent le fait que les deux leaders du Hamas, réfugiés au Qatar, Khaled Mechaal et Ismaïl Haniyé, lancent leurs appels jihadistes contre les juifs et les Occidentaux mécréants sionistes depuis Doha, en plus d’y recevoir des millions de dollars en liquide, ce qui s’ajoutent aux dizaines de millions annuels donnés officiellement aux fonctionnaires de Gaza donc au Hamas qui dirigent l’enclave...


Un autre Etat pseudo « ami » de l’Occident, le Koweït, qui a été soutenu contre l’Irak dans les années 90 lors de la première Guerre du Golfe, est aussi un grand sponsor des Frères musulmans, la matrice de l’islamisme radical, juste après le Qatar. Et il a toujours pignon sur rue malgré ses aides financières et politiques envers le Hamas, les Frères musulmans européens et mondiaux et le Hamas. Pour résumer, deux très grands amis de l’Occident, le Koweït et le Qatar, financent les Frères musulmans, qui eux-mêmes sont derrière le Hamas, et ces cellules des Frères dans le monde collectent beaucoup d’argent auprès d’organisations caritatives musulmanes, notamment en Europe. Le Koweït et le Qatar aident à la fois directement et indirectement des islamistes radicaux qui sont totalement opposés à l’intégration et aux valeurs occidentales et républicaines ; et ils distillent des théologies subversives et totalitaires qui diabolisent les « islamophobes », les « apostats », les « juifs sionistes » et les blasphémateurs. Il n’est ainsi pas du tout surprenant que des professeurs soient attaqués comme à Arras ou en 2020 avec Samuel Paty par des jeunes radicalisés à qui on a appris que la charia véhiculée par les Frères musulmans ou le salafisme radical invite à punir de mort les blasphémateurs, les mécréants les sionistes.


C’est cette idéologie, jadis produite en Arabie saoudite et au Pakistan et aujourd’hui poursuivie par le Qatar, la Turquie, le Koweït, l’ISESCO ou l’OCI, qui est à l’origine de cette banalisation de la violence islamiste qui frappe de plus en plus régulièrement des « infidèles » en Europe et pas seulement en Israël. Certains appliquent cette vision fréro-salafiste de la Charià à la lettre comme ce Tchétchène d’Arras, Mohammad Mogouchkov, qui a tué le professeur du lycée d’Arras Dominique Bernard, ou encore l’autre jeune terroriste tchétchène avait ciblé Samuel Paty. Le frère de Mogouchkov avait d’ailleurs salué l’action du tueur de Paty et n’avait jamais été expulsé…


Ces jeunes musulmans ont été fanatisé en partie en famille, puisque les Tchétchènes candidats à l’asile politique en Occident sont souvent des opposants islamistes radicaux salafistes ou sympathisants donc ennemis jurés de Poutine et du potentat tchétchène Kadyrov. Mais un point commun les unit qui les a radicalisés encore plus en France : la propagande fréro-salafiste sur la supposée « islamophobie » des mécréants français républicains et de laïques. Les associations des Frères musulmans dispensent depuis des décennies – avec le soutien actif du Pakistan, de la Turquie d’Erdogan et du Qatar, et bien moins que l’on croit de l’Iran chiite, qui a très peu d’emprise sur les sunnites en Occident -, une idéologie fondée sur la charia dans sa version radicale qui invite au jihad violent et à la sécession communautaire. Nous voyons donc le lien entre nos alliances externes avec le Qatar, le Koweït et la Turquie, notamment, et ce qui se produit chez nous, en interne, avec la progression d’un islamisme radical de plus en plus totalitaire et violent. Cela montre bien que nous nous sommes fondamentalement trompés sur notre diplomatie et sur la façon d’encadrer le culte musulman.


Il est normal d’avoir des liens diplomatiques avec des pays comme le Qatar ou autres pays où les valeurs fondamentales en place divergent des nôtres. Il ne s’agit pas de rompre avec tous ceux qui ne nous ressemblent pas. Mais avoir fait le jeu du Qatar ou de la Turquie hostiles à nos valeurs et qui pratiquent chez nous une action subversive, est une vraie trahison envers nos valeurs et institutions. En ayant laissé libre cours en France à l’islamisme intégriste ou totalitaire, de surcroit anti-juif, anti-chrétien, anti-athées et anti-apostats, tel que souhaité par le Qatar, la Turquie aujourd’hui et par l’Arabie saoudite jadis a été plus qu’une erreur : une forfaiture qui a permis aux ennemis externes de notre civilisation de déposer chez nous des bombes géopolitiques et idéologiques à retardement et de disposer de cinquièmes colonnes durables, car plus le temps passe et plus il sera difficile de reprendre le contrôle des institutions de représentations de l’islam et de récupérer les esprits et cœurs perdus pour nos valeurs.


Nous avons eu tort de reproduire chez nous les agendas des pays islamistes qui sont nos alliés diplomatiques et économiques mais nos ennemis civilisationnels. La folie de nos élites irresponsables a été, comme l’a répété Henri Kissinger, non seulement de faire venir des masses d’immigrés musulmans en quantité disproportionnée, alors que les chrétiens latino-américains chrétiens ou les asiatiques bouddhistes ou hindouistes ont bien plus de difficulté à obtenir des visas que les Algériens, les Marocains, les Turcs ou les Sahéliens, mais surtout de donner en pâture et sur un plateau d’argent nos compatriotes musulmans (que nous aurions dû et pu mieux assimiler avec une politique moins naïve et plus exigeante) aux fanatiques islamistes du Milli Görüs turc, des Frères musulmans ou des Salafistes du Golfe ou autres tendances indo-pakistanaises subversives. Il aurait fallu que nos alliés ne puissent pas s’immiscer dans nos affaires communautaires pour ne jamais voir se profiler chez nous l’islam radical contraire à nos valeurs. Il n’est pas normal de les laisser diffuser chez nous des idéologies opposées à nos valeurs civilisationnelles. Nos dirigeants devront être comptables de ces choix un jour.


Quels mécanismes de l’islamisme nous ont aveuglés en Occident face à cette menace ?


Des organisations transnationales musulmanes, très liées à des Etats du Golfe, et qui ont une idéologie proche des Frères musulmans, qui sont représentées à l’ONU, exercent des pressions sur le Conseil de l’Europe, sur les diplomaties nationales, sur les différents gouvernements, sur les partis politiques, sur les milieux économiques privés et associatifs. Elles exercent des pressions à tous les niveaux (organisations internationales, diplomatie française, ministère du culte…). Il y a tout un processus qui œuvre à poursuivre un agenda qui est celui des Frères musulmans. Les pôles de l’islamisme mondial ont des relais associatifs, des ONG en Europe, qui gèrent des clubs de sport, des lycées islamiques, des mosquées. Par capillarité, il peut même y avoir des financements publics. La mairie de Londres a par exemple longtemps payé al-Qaradâwî, l’homme qui donnait les raisons pour lesquelles on pouvait tuer un blasphémateur ou un apostat. Il a été employé de la mairie de Londres. Il était une grande figure mondiale des Frères musulmans et était hébergé au Qatar et non en Iran. Et Tarik Ramadan a été payé un temps par une grande mairie des Pays Bas…puis par l’Université d’Oxford, comme par hasard bénéficiaire de financements qataris pour une Chaire sur mesure au profit du petit-fils du fondateur des Frères musulmans…


Les relations des pays occidentaux sont donc contradictoires et leurs intérêts financiers et économiques follement imbriqués avec ceux d’Etats géocivilisationnellement ennemis. Nous avons en effet des alliés extérieurs qui sont en l’occurrence des ennemis civilisationnels que nous laissons pratiquer dans nos pays une ingérence subversive. Tout cela parallèlement à un autre processus grave de conséquence : l’importation du conflit israélo-palestinien sur nos sols pas uniquement par les groupes islamistes impliqués comme les Frères musulmans mais par toute une gauche tiersmondiste qui joue ainsi avec le feu en voulant faire croire à nos concitoyens que la France « islamophobe » ou l’Occident « ennemi des Musulmans » les traiterait comme les Palestiniens persécutés par les Nazis israéliens…


Une double bombe à retardement rouge-verte…


D’un point de vue idéologique et psychologique, ce processus était pensé de manière efficace et maline de la part des pays islamiques en question car la démarche visait à motiver des jeunes musulmans à ne pas s’intégrer, à les faire se replier d’un point de vue communautaire pour les couper de la société environnante, jugée contaminante et impure, tout cela avec comme allié et caution morale progressiste les idiots utiles de la gauche révolutionnaire et immigrationniste. La stratégie est habile du point de vue des islamistes qui ont ainsi fait passer un agenda obscurantiste et de facto fascisant pour une revendication « antiraciste » et ou progressiste. D’où l’alliance tactique des Frères musulmans avec ceux qui leur ressemble pourtant le moins : les « intersectionnalistes » et « wokistes » pro-LGBT, au nom de la solidarité des causes minoritaires tournées contre l’ordre du mâle occidental blanc-judéo-chrétien… Cela conduit à ce que j’appelle la stratégie de la « paranoïsation » conduisant à la désassimilation. Dans ce contexte, le processus de lutte contre l’islamophobie a été extrêmement efficace. Il a fait croire à beaucoup de musulmans que tous leurs problèmes venaient de l’islamophobie, que le mécréant passe son temps à faire du tort aux musulmans, et, sous-entendu, que le pire de ces mécréants, le pilote maléfique, est le juif sioniste… CQFD D’où la montée de l’antisémitisme violent dans les banlieues depuis les années 2000.


Si le « mécréant » est si horrible en effet, alors les personnes les plus désespérées comme le Tchétchène d’Arras mentionné plus haut, vont décider de passer à l’acte et de s’en prendre physiquement aux « mécréants » persécuteurs ou moqueurs de musulmans victimes par excellence. La doctrine islamiste véhicule l’idée selon laquelle le mécréant souhaite le mal des musulmans et cherche à les pervertir est totalement cautionnée et appuyée par les forces radicales de gauche dites antiracistes qui ont d’ailleurs totalement dénaturé et déshonoré puis déconstruit le combat antiraciste réel en cautionnant par soi-disant « réaction » réparatrice, le racisme antiblancs, anti-chrétiens, et anti-Juifs-sionistes et même anti-juifs tout court . Cela a aussi conduit à un repli communautariste et à la construction d’une contre-société hostile dans la société. Même dans des sociétés comme au Maroc, l’Occident est souvent considéré comme impur et pervers.


L’Occident a laissé se développer une véritable cinquième colonne dans son territoire, et les pays les plus touchés par ce phénomènes, France, Allemagne, Belgique, Grande Bretagne, Pays Bas et Suède, n’en resteront pas indemnes étant donnée la prégnance de l’argument du nombre et de la démographie dans la trame de l’Histoire. Mais la chose la plus coupable est que nous avons laissé nos citoyens musulmans se laisser fanatiser par des imams, des idéologues, des prédicateurs, au lieu de leur faire partager les Lumières et la Raison que nous avons gardé jalousement pour les « Occidentaux de souche ». Cette nouvelle « trahison des clercs », pour paraphraser Julien Benda, est gravissime de conséquences, et elle dévoile la contradiction de l’idéologie xénophile de principe de nos élites qui feignent d’être antiracistes mais méprisent de facto les enfants de l’immigration islamique pour qui ils s’accommodent de l’obscurantisme dans une logique néo-coloniale-paternaliste inversée et très perverse car non assumée. Nos hommes politiques ont inauguré des mosquées dans toute la France et dans toute l’Europe sous l’influence d’Etats peu démocratiques ou d’associations ultraradicales islamistes comme les Frères musulmans ou les salafistes. Cela a parfois même été financé par les impôts des citoyens via des centres islamiques, des terrains, des allocations, des subventions à des associations islamistes.


Comment tolérer que certains Etats, comme le Qatar, financent le terrorisme ? Quels sont ces états et quelle est leur démarche ?


Le Qatar est très habile sur le plan diplomatique. Ses ambassadeurs et élites sont formés dans les meilleures écoles américaines. Et ils ont profité du fait que les pays occidentaux en général et anglo-saxons en particulier sont très perméables à l’argent qataris. Et pas seulement pour la question la plus visible des clubs de foot, mais aussi des dirigeants et élus corrompus par l’argent de Doha, comme l’affaire du Qatar Gâte l’a montré récemment au niveau de l’Union européenne. On se rappelle notamment de l’implication des cousins al Marri, juge et ministre qataris, dans « l’achat » de leaders et élus nationaux et européens. Le Qatar finance le terrorisme, accueille les deux cadres principaux du Hamas sur leur sol, Khaled Mechaal et Ismaël Haniyeh, qui ont récemment lancé des appels au djihad auprès des musulmans, il finance officiellement le gouvernement du Hamas à Gaza, paie des fonctionnaires, et officieusement probablement bien plus encore en sous-main via les valises diplomatiques. Même si l’Iran participe aussi à la formation du Hamas, notamment sur le plan opérationnel, Doha aide politiquement, géopolitiquement et financièrement le Hamas mais n’est incriminé par aucun pays occidental !


Au contraire, Berlin, Washington et Londres compte sur le Qatar, pays à la fois « ami » de l’Occident et des Jihadistes, pour faire libérer des otages… Idem de la part du néo-sultan Erdogan qui compare l’intégration des musulmans à un « crime contre l’Humanité », qui appuie officiellement le Hamas et se propose d’être un « négociateur » entre le Hamas et Israël… Pourtant, chacun sait à quel point les dirigeants du Hamas et d’autres mouvements terroristes liés aux Frères musulmans, aux talibans ou aux shebab somaliens sont très présents au Qatar et y font des déclarations djihadistes en toute impunité et avec le relai d’Al-Jazeera, TV qatarie relai des Frères musulmans avec Al-Jazeera+ sur le Web. Déjà, dans les années 2001-2005, Al-Jazeera relayait les messages d’Al-Qaïda et n’a jamais cessé d’avoir une propagande diabolisante envers Israël, l’Occident « islamophobe » et les Juifs. Des personnalités éminentes du Qatar contestent même la Shoah et critiquent violemment dans des grandes émissions d’Al Jazeera ou autre l’Europe qui adopte des lois interdisant de nier la Shoah. Mais personne ne songe à interdire en Europe cette TV de la haine et de la fanatisation. Cette dérive négationniste banalisée au nom de la question palestinienne est appelée par certains l’islamo-nazisme car le bras droit palestinien du fondateur des Frères musulmans pendant les années 1930-45, le grand Mufti de Jérusalem Al Husseini, héros arabe et palestinien, fut l’allié officiel d’Hitler et soutint la Solution finale. Cet homme est une sommité vénérée dans toute la galaxie frériste et dans certains milieux nationalistes arabes radicaux.


Quels sont les moyens ou les solutions pour lutter contre ces lâchetés et ces idéologies de haine anti-occidentales et anti-juives sur notre sol ?


Pour lutter contre la haine anti-occidentale et anti-juive, il est possible d’interdire et de s’attaquer à l’antisémitisme des islamistes et de l’extrême droite. Les islamistes ne critiquent pas que les sionistes contrairement à l’extrême gauche, très maline, qui fait souvent croire qu’elle n’a rien contre les Juifs en tant que tel mais qu’elle est contre les seuls sionistes. Mais les islamistes radicaux fréristes ou autres critiquent les Juifs en tant que tel, comme le montre la Charte du Hamas explicitement. Les milliers d’œuvres islamistes des Frères musulmans, du Millî Görüs turc qui incitent à diaboliser les Juifs et qui rappellent les Protocoles des Sages de Sion ne sont étonnamment pas interdites en Occident et même en France laïque, notamment celle de Youssef al Qardawi, décédé récemment et figure tutélaire de toutes les organisations fréristes en Europe et dans le Monde. Il était lui aussi réfugié au Qatar - comme les leaders du Hamas - après avoir été chassé d’Egypte pour son radicalisme religieux...


Le livre sacré du Millî Görüs turc (proche des Frères musulmans) a quant à lui été écrit par Necmettin Erbakan, le mentor de Erdogan. Or cette publication fortement complotiste et antisémite qui précise que tous les maux que subissent les musulmans sont imputables aux Juifs est en libre circulation en Europe et est enseignée dans les réseaux du Milli Görüs. Cette organisation totalement opposée aux valeurs de l’UE et des démocraties occidentales a pignon sur rue dans l’UE et a son siège transnational en Allemagne. Elle a pourtant été engagée avec des associations issues Frères musulmans par le Conseil de l’Europe, la Commission de l’UE et les réseaux anti discrimination de l’ECRI et de l’ENAR pour faire une campagne pro-voile islamique financée avec des deniers publics... Une campagne justifiée par l’inclusion et la lutte contre « l’islamophobie »… Les Frères musulmans diffusent en Europe beaucoup de textes radicaux et antisémites contre les Juifs. Ces contenus sont aussi présents dans des manuels scolaires de pays musulmans et dans des centres islamiques en France.


L’ouvrage de Youssef al-Qaradâwî qui incite le musulman à tuer pour le blasphème, l’apostasie et l’adultère et qui fustige les juifs pervers est en vente libre en France. On peut citer aussi « La voix du musulman » de al-Jâzaîri (en vente à la FNAC comme Qaradawi) qui évoque la nécessité de se préparer au djihad et de s’armer... Tout cela est enseigné sur notre sol. Ces livres incitent à tuer, à frapper, à discriminer ou à haïr les Juifs, les chrétiens, les athées, les femmes libres… Or les dirigeants politiques estiment qu’interdire ces ouvrages serait très complexe car ces publications s’appuient sur des textes religieux révélés et donc cela voudrait dire que leur interdiction reviendrait à bannir cette religion...


Voilà ce que deux ministres de l’intérieur et du culte successifs m’ont dit lorsque je leur ai montré la littérature des Frères musulmans diffusée en France librement depuis des décennies et enseignée dans maintes associations et mosquées.


Le « génie » de l’islamisme radical et du nouvel antisémitisme islamiste consiste à dire que les propos et attitudes négatives et hostiles envers les juifs, les chrétiens, les femmes, les homosexuels ou les mécréants sont impossibles à censurer puisque tirés de textes d’une religion officielle forte de 1,5 milliards de fidèles et seconde religion de France et d’Europe... C’est donc sous couvert de liberté religieuse que tout ceci est toléré.

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