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Et si la Chine avait déjà gagné diplomatiquement et économiquement à Taïwan ?

CHRONIQUE. La Chine, qui sait qu'elle ne pourrait que très difficilement conquérir militairement l'île indépendante de fait, n'aura peut-être pas besoin de monter à de telles extrémités pour parvenir à ses fins. 





La récente élection présidentielle à Taiwan a été présentée dans les médias occidentaux comme une victoire du candidat pro-indépendance (Parti démocrate progressiste, DPP), Lai Ching-te (William Lai en anglais), mais peu de médias ont rappelé que le parti prochinois Kuomintang (KMT) est arrivé en tête des législatives avec 52 sièges et que William Lai a fait bien moins que sa prédécesseur (40,05 % des voix contre 57,13 % en 2020 pour Tsai Ing-wen).


Rappelons que lors du retour au pouvoir du KMT, en 2008, les relations s’étaient intensifiées entre les “deux Chine” : visite officielle à Pékin ; premier vol régulier en juillet 2008, nombreux accords de coopération économique. Depuis lors, 40 % des exportations taïwanaises sont destinés au continent. L’île est le premier investisseur en Chine, qui en est le premier fournisseur et client… Taïwan est donc déjà réuni à la Chine par l’économie. Et Pékin pourrait parvenir à ses fins à la façon du jeu de go, indirecte, via l’économie et le lobbying ponctués de menaces militaires à usage dissuasif et psychologique…


ll est vrai que le succès de cette stratégie dépendra de la façon dont le nouveau président taiwanais, ouvertement indépendantiste — à la différence de sa prédécesseure —, saura modérer ses propos séparatistes, lesquels pourraient susciter des menaces plus graves de Pékin, elles-mêmes susceptibles de faire monter ensuite le camp “pacifiste”.


Taïwan est comparé à tort à l’Ukraine


Si la République populaire de Chine (RPC) n’a jamais reconnu la souveraineté de Taiwan, la Russie avait reconnu celle de l’Ukraine dès 1991, et même avant, sous l’URSS qui l’avait établie. La quasi-totalité des pays du monde reconnaît ainsi le principe d’“une seule Chine”. Ceci s’est traduit dans les années 1970-1990 par le retrait des ambassades étrangères à Taiwan. La France a reconnu la République populaire de Chine en 1964, les États-Unis en 1972, un an après son entrée aux Nations unies. Washington affirma alors : « Les Chinois de chaque côté du détroit de Taiwan maintiennent qu’il n’y a qu’une seule Chine et que Taiwan fait partie de la Chine. (…) Le gouvernement des États-Unis l’intérêt qu’il porte au règlement pacifique de la question de Taiwan par les Chinois eux-mêmes (…), il affirme l’objectif final qui est de retirer toutes les forces et installations militaires américaines de Taiwan. » Dans un communiqué commun publié en mars 1979, Washington et Pékin ont précisé que « les États-Unis reconnaissent le gouvernement de la RPC comme seul gouvernement légal de la Chine (…) il n’y a qu’une seule Chine et Taïwan fait partie de la Chine ». Presque tous les pays du monde ont depuis refusé de conserver ou d’installer une ambassade à Taiwan. Une victoire diplomatique pour Pékin.


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