Décapitation de Samuel Paty : la stratégie de l'intimidation ou le "prosélytisme de coercition"

Pour Alexandre del Valle, le meurtre de Samuel Paty démontre une fois de plus que les islamistes "coupeurs de langues", qui intimident moralement en diabolisant les "islamophobes", sont les complices des "coupeurs de têtes", qui intimident quant à eux par l'acte jihadiste et l'effet de sidération qui s'en suit.


Sur son compte Twitter (@Tchetchene_270), le terroriste a revendiqué, au nom du groupe Al-Ansar et d’“Allah le Miséricordieux”, l'assassinat de Samuel Paty dont la tête coupée apparait en illustration. Paty y est accusé d'avoir « osé rabaisser Muhammad ». Et à Emmanuel Macron, « le dirigeant des infidèles », le jihadiste avertit : « J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad. Calme ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment. » Son acte est peut-être celui d'un jeune “ignorant”, mais le modus operandi adopté a été pensé par les cerveaux islamo-jihadistes qui savent si bien que la peur contagieuse finit par soumettre. Or leur conception de l'islam est justement non pas l'adhésion des cœurs mais la soumission des personnes, conformément à ce que j'appelle le “prosélytisme de coercition”. D'évidence, les professeurs vont désormais réfléchir à deux fois avant d'exhiber des photos “blasphématrices” dans des classes, où les élèves musulmans “choqués” risquent de de balancer les noms et adresses des enseignants aux parents fanatisés par les “coupeurs de langues”, ces lobbies anti-islamophobes dont l'action paranoïsante prépare l'acte “punitif” des “coupeurs de têtes”.




Ne nous faisons pas d'illusions, ceci n'est ni la dernière attaque de “mécréants” égorgés par des jihadistes voulant punir les “blasphémateurs”. Ni la première : on se souvient de l'assassinat de Théo Van Gogh (2 novembre 2004) par le Marocain Mohamed Bouyeri, naturalisé néerlandais malgré son islamisme avéré. Il tira en pleine rue huit balles sur le petit-fils du célèbre peintre, accusé de “blasphème” et “d'islamophobie”, avant de l'égorger au sol et de le "finir" avec deux coups de couteaux dans la poitrine, l'un plantant un message de menace de mort adressé à Ayaan Hirshi Ali, une députée musulmane athée d'origine somalienne proche de van Gogh accusée d'être “apostate” et « d'insulter le Prophète ». Elle a fui depuis aux Etats-Unis, faute de se sentir en sécurité en Hollande. La “punition du blasphème” fut aussi invoquée par les associations islamiques indo-pakistanaises qui soutinrent (impunément) dans les années 1990 la fatwa de mort contre “l'apostat” Salman Rushdie, accusé d'avoir « souillé l'islam et le prophète »avec son livre Les Versets sataniques. Un an plus tard, les caricatures de douze dessinateurs parues dans le journal danois Jyllands Posten ont valu à ses journalistes et dessinateurs des menaces de mort qui leur ont pourri la vie jusqu'à aujourd'hui. Et c'est pour avoir reproduit ces caricatures danoises que Charlie Hebdo a été menacé depuis des années et que ses journalistes/caricaturistes ont été massacrés par les frères Kouachi en 2015.



LIRE LA SUITE SUR LE SITE DE VALEURS ACTUELLES

A la une