Comment les Émirats sont devenus l'allié de l'Occident face aux Frères musulmans et aux djihadistes

Les Émirats arabes unis (EAU) se rapprochent du Maroc. Une bonne nouvelle pour la France et l'Occident, se félicite notre chroniqueur Alexandre del Valle, car contrairement au Qatar, qui appuie le Hamas palestinien à Gaza, les Frères musulmans en Europe et des groupes djihadistes en Afrique, les EAU poussent les pays arabes à normaliser leurs relations avec Israël, n'exercent pas de prosélytisme en Europe et combattent — depuis l'épicentre libyen — les djihadistes qui s'attaquent à nos soldats au Sahel.





Donald Trump est définitivement remplacé à la Maison Blanche, mais sa politique arabe risque d'être en partie poursuivie par Joe Biden. Peu de médias français ont parlé du chamboulement géopolitique majeur initié par l'Administration Trump et appuyé par l'influent prince-héritier émirien, Mohammed ben Zayed al-Nahyan (MBZ): la signature du traité de paix d’Abraham, signé en septembre entre les Émirats et Israël d'une part, et Israël et Bahreïn, de l'autre. Rédigé par le gendre de Trump, Jared Kushner, le plan fait des émules (Soudan, Oman) et a été avalisé en novembre par le Maroc, qui normalise ses relations avec Israël tout en se rapprochant des EAU.

Pourquoi les Émirats se rapprochent-ils de Rabat, très proche du Qatar, leur bête-noire, qu'ils accusent d'aider, aux côtés de la Turquie d'Erdogan, les Frères musulmans et des groupes djihadistes en Syrie, en Libye, en Afrique sub-saharienne ? En 2017, on se souvient que Rabat avait brisé, comme Ankara, le blocus imposé au Qatar par les Saoudiens et les Émiriens en se rendant à Doha et en envoyant des avions chargés d'aide alimentaire aux Qatariens… Et en 2019, le Maroc s'était retiré de la guerre au Yémen contre les séparatistes chiites-houthistes, alliés de l'Iran, ce qui déçut Saoudiens et Émiriens, qui ont alors suspendu des fonds d’investissement destinés au Maroc. Par ailleurs, depuis le printemps arabe, Rabat a intégré dans son système politique, comme la Tunisie, les Frères musulmans, à travers le parti de la Justice et du Développement (PJD), parti du Premier ministre marocain Saad Eddine El Otmani. Depuis, Rabat a été sommé de se positionner en faveur de l'accord historique de normalisation des relations des pays arabes avec Israël puis de redevenir plus neutre dans le Golfe, ceci en échange de pressions émiraties pour que les Etats-Unis reconnaissent la marocanité du Sahara occidental. La proposition émiratie a été finalement acceptée par Mohamed VI en échange de contreparties habilement négociées.

Le chercheur franco-marocain Youssef Chiheb, spécialiste de l'islamisme radical, enseignant et ex-collaborateur du ministère de l'intérieur français, chercheur au CF2R et auteur d'un ouvrage sur l'islamisme*, rappelle que même si « la coopération entre le Maroc et le Qatar est forte et ancienne (investissements, échanges sécuritaires, renseignement), les Émirats, très impliqués dans le processus de normalisation...



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