Charte de l'Islam de France : la primauté des lois françaises sur la charia n'est pas négociable

Après les attentats de Conflans-Sainte-Honorine et à Nice, Emmanuel Macron s'est engagé à poursuivre la lutte contre le "séparatisme". Afin de limiter l'influence de l'idéologie radicale, Alexandre del Valle évoque cette semaine la possibilité d'instaurer une Charte de l'Islam de France.





Le débat voulu par le Président Emmanuel Macron sur l’islam, la laïcité, la lutte contre le "séparatisme islamiste" est fondamental, même s'il a - sans surprises - a choqué les âmes sensibles, et certaines ligues de pensées "antiracistes" et "islamogauchistes". L'un des problèmes que pose l’idéologie totalitaire islamiste en France est qu'elle est fondée sur la terreur psychologique avant même de s’incarner dans la violence terroriste physique. On sait également à quel point les Musulmans modérés sont soumis à des pressions constantes et parfois irrésistibles de la part des radicaux qui prennent en otage les « quartiers ». De ce fait, la majorité serait bien inspirée d'imposer par la haut une "Charte de l’Islam de France" non-négociable, qui bannirait clairement la Charià, au lieu de confier cette mission au CFCM, composé en grande partie d'organisations islamistes (Frères musulmans, Milli Görüs turc, Tabligh indo-pakistanais, etc) donc acteurs du "séparatisme islamiste" que cette Charte et le gouvernement sont censés mettre hors-jeu...


Ecrire noir sur blanc ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas


Plus que jamais, et parallèlement à la nécessaire mesure d'interdiction solennelle et de criminalisation judiciaire de "l'islam politique" comme l'a fait l'Autriche, le gouvernement devrait d'urgence inviter les organisations musulmanes à signer un texte solennel consacrant les droits des citoyens musulmans mais aussi l’allégeance non négociable envers les principes fondateurs de la République et l'identité française, ce qui implique d'écrire noire sur blanc tout ce que la République et les démocraties occidentales ne peuvent tolérer dans la charià qui viole les principes d'égalité, de non-violence, prévoit le meurtre des blasphémateurs et apostats, prône la haine envers les "infidèles", bref, tout ce qui dans la loi islamique voulue par les islamistes menace nos modèles de sociétés, nos lois et nos valeurs. Un peu sur le modèle de ce qui fut entrepris par le grand ami du judaïsme que fut Napoléon et qui consacra l’intégration de ces derniers dans les institutions françaises lorsqu’il leur fit signer une Charte pourtant très exigeante mais juste qui établissait clairement les compatibilités et les incompatibilités entre la Loi juive (Halakha) et la loi française. Comme Napoléon avec les Juifs, le président et son ministre de l'intérieur et des cultes pourraient sommer les « orthodoxes » musulmans et les islamistes (qui sont d'ailleurs souvent les mêmes fréro-salafistes) de faire primer la loi de la République sur celles de la charià, lorsqu’il y a conflit de valeurs entre les deux systèmes, notamment quant au droit de changer de religion, à l’égalité d’héritages et de droits entre hommes et femmes ; à la légitimité du Djihad, à la justification de l’esclavage, la haine des Juifs, des apostats, Mécréants, et blasphémateurs, etc.


Dans son livre paru il y a quelques années aux éditions du Rocher, Bonaparte et Mahomet, l'écrivain, islamologue et journaliste Egyptien Ahmed Youssef, qui dirige par ailleurs le Centre d'Etudes sur le Moyen-Orient (CEMO), basé à Paris, a eu raison d'opposer ainsi d'une part la vision Bonapartiste éclairée de l'islam lors de l'expédition de 1798 à celle, d'autre part, des islamistes radicaux et de certains pôles de l'islam sunnite mondial, comme la mosquée-université conservatrice Al Zahar. Cette dernière n'a hélas jamais réformé ni amendé des pans entiers de la Charià qui légitiment pourtant les inégalités entre musulmans/non-musulmans, les violences "sacrées", la haine envers les "apostats" et "blasphémateurs", ou l'infériorité des femmes, etc. Ahmed Youssef rappelle d'ailleurs un fait méconnu du grand public: lors de son périple égyptien, Napoléon créa le "Divan", une organisation soutenue et financée par la République française dans laquelle le futur empereur et grand réformateur imprégné des Lumières et de la Révolution française réunit les jurisconsultes et les imams modérés de l'époque qui exécutaient ses ordres éclairés. Il ira même plus loin lorsqu'il fonda, parallèlement au Divan, "l'Institut d'Egypte", à l'instar de l'Institut de France, dont le but était imposer le modèle scientifique occidental aux milieux les plus passéistes et obscurantistes musulmans de l'époque, ce qui suscita un immense espoir au sein des mouvances laïques, progressistes, soufies, et réformistes-modernistes. Cet Institut existe toujours d'ailleurs en Egypte, et il s'oppose au fixisme de Al-Azhar. Hélas, ce grand mouvement de réformisme et de modernisme suscité par Napoléon fut stoppé et contré par les Frères musulmans dès les années 1928-1930. La tendance a été renversée depuis lors avec le reflux des défenseurs du sécularisme face aux fréro-salafistes nostalgiques du Califat. Et de cette régression de l'islam des Lumières au profit de l'islamisme totalitaire et obscurantiste des Frères musulmans que découle la contamination islamiste radicale d'une partie de la jeunesse musulmane française, occidentale et donc mondiale.


Pour revenir à la France et au projet macronien d'en finir avec le "séparatisme islamiste", il nous apparaît évident que jusqu’à présent, le grand malentendu concernant l’Islam de France que la pensée politiquement correcte somme de considérer comme intrinsèquement « tolérant » et « ouvert », repose sur le fait que les « modérés » de l’UOIF/Musulmans de France (Frères musulmans), le Milli Görüs turco-néo-ottoman, les wahhabites de la Ligue islamique mondiale ou le Tabligh n’ont jamais saisi la moindre occasion de dénoncer les dispositions de la Charià, hélas enseignées dans les mosquées les plus officielles, pas seulement celles des caves, qui légitiment le Djihad, les corrections physiques des femmes, la peine de mort pour l’adultère ou l’apostasie, et l’infériorité des non-Musulmans, des esclaves et des femmes. Il serait temps et ce serait l’honneur de la République de refuser que ce type d’enseignement soit promulgué au sein de l’Islam de France. Du moins au sein des courants désormais reconnus au sein du CFCM et par là revêtus de l’aura de la respectabilité officielle." Pourtant, la France, pays des Lumières, est le pays au monde qui devrait le plus oeuvrer pour contrer l'islamisme politique totalitaire et séparatiste par le soutien à un réformisme musulman compatible avec les lois de la République afin de couper nos compatriotes musulmans de l'influence paranoïsante et fanatisante des fréro-salafistes et autres pôles islamistes. Lors de l’émancipation des juifs par Napoléon, les futurs israélites français étaient mus par l’ardent désir de sortir d’une situation de discrimination séculaire, et d’accéder à l’égalité en droits avec les autres Français. Ce fut certainement un motif politique déterminant pour accepter de modifier leur religion millénaire. Or, les musulmans français ne sont pas dans la même situation. Ils bénéficient déjà des mêmes droits que les autres Français. De plus, pour les soutenir, il y a hors d’Europe des Etats puissants, tels la Turquie ou l’Arabie Saoudite, soutiens extérieurs dont étaient totalement dépourvus les juifs français. Aussi, les musulmans n’ont rien à gagner à essayer de s’accommoder avec l’Etat français, en modifiant leur religion.


De plus, les autorités musulmanes qu’écoutent véritablement les musulmans français pratiquants ne sont pas elles-mêmes françaises : elles sont égyptiennes, saoudiennes, ou syriennes, si bien que jamais le CFCM ne sera l’équivalent du Grand Sanhédrin ou de l’actuel Consistoire central. Certes, pour ces raisons à la fois doctrinales et géopolitiques, il n’est pas envisageable d’entreprendre vis-à-vis des musulmans français une démarche identique en tout point à celle de Napoléon vis-à-vis des juifs de l’Empire. Cependant, le but des mesures à prendre est le même. Il s’agit d’éviter que les musulmans ne se constituent en tant que « nation particulière dans la nation française », ce qui ne peut être que source de troubles croissants. Il ne s’agit pas de guérir une fracture nationale, comme celle qui existait en 1806 entre les juifs et les français, mais de prévenir l’émergence d’une fracture entre musulmans et français d’autres religions ou non-croyants. Il ne s’agit pas de les faire sortir du ghetto, mais d’empêcher la multiplication des ghettos volontaires, sources probables de séditions et de troubles à l’ordre public. (Voir Correspondance de Napoléon Ier, tome XIII, Plon, Paris, 1863, p.584)


Propositions préliminaires


Avec une perspective à long terme, si notre diagnostic est juste, l’Etat doit impérativement s’intéresser de près à ce qu’est enseigné dans les mosquées et autres centres culturels musulmans. Même si notre Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen consacre la liberté d’opinion, il est abusif d’interpréter celle-ci comme protection des opinions religieuses qui peuvent engendrer un trouble public. Or enseigner que la raison humaine est incapable de se donner sa propre loi constitue l’obscurantisme même contre lequel a été édictée notre loi fondamentale. L’islam ne peut se prévaloir de la protection de cette Déclaration pour prêcher un enseignement qui vise d’une manière radicale à la subversion de celle-ci.


L’islam tel qu’il est pratiqué dans les pays musulmans respectant la Charia est incompatible avec la démocratie, et il viole les droits consacrés dans la Convention européenne des Droits de l’Homme, texte de référence suprême de la législation française et européenne. La Cour européenne des Droits de l’Homme, garante de cette Convention, a explicitement émis cet avis : « la Cour reconnaît que la Charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictées par la religion, présente un caractère stable et invariable. Lui sont étrangers des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques. (…) Il est difficile à la fois de se déclarer respectueux de la démocratie et des droits de l’homme et de soutenir un régime fondé sur la Charia, qui se démarque nettement des valeurs de la Convention, notamment eu égard à ses règles de droit pénal et de procédure pénale, à la place qu’il réserve aux femmes dans l’ordre juridique et à son intervention dans tous les domaines de la vie privée et publique conformément aux normes religieuses. » (Arrêt CEDH Refah Partisi c/ Turquie du 31/07/2001).


Ce que le législateur doit par conséquent vérifier, c’est dans quelle mesure les prêches et les enseignements dispensés dans un cadre musulman sont ou non une apologie de la Charia, en tant que celle-ci est une Loi à vocation de se substituer à la loi civile. Comme tels, ces prêches pourraient constituer des incitations à résister aux lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, punissables en vertu de la loi de 1905. Les discours généraux ne doivent pas induire en erreur : l’incitation à résister à l’autorité publique pourrait être constituée à partir du moment où l’imam affirmerait que le non respect des préceptes qu’il diffuse sont sanctionnés des peines de l’enfer. Car en se plaçant dans la logique musulmane, même si de tels propos semblent rituels ou symboliques, ils ont un caractère incitatif certain. Pour le croyant musulman, la crainte de l’enfer, qu’il appelle la crainte d’Allah, est le sentiment qui doit motiver l’ensemble de ses actions. En islam, à chaque fois qu’une injonction est assortie du risque de l’enfer, elle est obligatoire.


Mesures concrètes incontournables


Nous préconisons de mettre en place au niveau français, mais aussi au niveau de l’Union Européenne une commission composée aussi bien de juristes que d’islamologues, afin d’étudier d’une manière approfondie les problèmes posés par la diffusion de la doctrine musulmane dans un monde démocratique. Ceci constitue un phénomène sans précédent historique. Cette commission devrait être chargée d’étudier les moyens par lesquels le culte musulman pourra être encadré afin qu’il ne se diffuse pas de facto en tant une doctrine séditieuse et obscurantiste, en tant que projet politique dissimulé sous un masque religieux. C’est un volet préventif qui peut parfaitement s’appuyer sur la législation existante, notamment l’article 35 de la loi de 1905, précédemment cité. Il faudrait exiger de chaque association cultuelle musulmane de décliner son identité doctrinale, afin d’établir à quelle école de jurisprudence islamique elle se rattache. Par rapport à chaque école jurisprudentielle, il faudrait établir la liste des préceptes et des enseignements qui sont d’une manière manifeste incompatibles avec les lois françaises, notamment en ce qui concerne l’égalité entre les hommes et les femmes, le traitement de l’épouse en islam, l’apostasie, l’homosexualité, et la discrimination des autres religions. Les corpus de textes faisant autorité pour chaque école sont connus et accessibles, et étant donné leur caractère figé, le travail de mise en évidence des prescriptions qui sont déjà susceptibles de tomber sous le coup de la loi est d’autant plus aisé.


La littérature jurisprudentielle litigieuse qui est publiée sur le sol français ou qui est importée doit faire l’objet d’une vérification minutieuse, afin de vérifier qu’elle ne comporte pas des passages qui tombent clairement sous le coup des lois existantes, notamment concernant l’incitation à la violence, à la discrimination pour motif d’appartenance ou de non appartenance à une religion. C’est bien parce qu’il s’agit de Français qui sont musulmans, qu’ils doivent être traités comme les autres Français. Il y a une seule loi pour tous, quelque soit la confession ou la race, et ce serait traiter les Français musulmans comme des Français à part que de ne pas exiger d’eux le même respect des lois communes.


Le programme annuel d’enseignement dans les mosquées devrait faire l’objet d’une inspection et d’une autorisation préalable de la part de l’Etat, comme l’exige la Constitution turque, taillée à la mesure du défi que pose l’islam à la démocratie. Les prêches des imams doivent être prononcés en français. Les ministres de culte musulmans dont l’enseignement outrepasserait le cadre fixé par la loi, devraient être sanctionnés d’une manière conséquente.


Enfin, last but not least, il faudrait veiller à interdire plus spécifiquement tout enseignement qui vise à clore socialement la communauté musulmane sur elle-même. Celui-ci consiste précisément dans l’interdiction faite aux femmes musulmanes d’épouser un non musulman. Car c’est cette prescription-là en particulier, qui est la plus contraire au fonctionnement de la société française.


Comme le disent le mufti Souheib Bencheikh, le théologien et ambassadeur Mezri Haddad, l'imam soufi Bentounès, les islamologues et dirigeants du CEMO Ahmed Youssef et Abdelrahim Ali ou encore l'imam Hassen Chalghoumi, un islam de France ou un islam libéral ne peut naître que d’un affrontement honnête mais sans concessions entre le Code civil et la Charia. Il s’agit de contrer la diffusion d’une doctrine, non pas de s’élever contre un groupe particulier de Français. Car les hommes ne doivent pas être confondus avec les idées qu’ils prêchent, ou les doctrines qu’ils admirent, fussent-elles les plus magnifiques ou les plus pernicieuses. C’est lorsque l’homme n’est pas confondu avec sa confession qu’il est véritablement conçu en tant que personne. C’est un des messages primordiaux que l’on doit faire passer aux musulmans, dont la doctrine défend exactement le contraire, à savoir que l’option religieuse définit l’homme avant toute autre considération, et qu’en fonction de celle-ci on doit lui appliquer une loi précise.


Vers une Charte de l’Islam de France


Le séparatisme islamiste, que j'ai pour ma part baptisé plutôt "totalitarisme islamiste", ou "suprémacisme islamiste", car il est encore plus impérialiste et conquérant que seulement séparatiste, menace de façon existentielle la cohésion nationale de tout pays dans lequel il s'exprime librement, oeuvre à saper les valeurs des "ordres mécréants" et se répand par l'éducation, l'infiltration ou la prédication. Nous estimons de ce fait que le gouvernement doit soit dissoudre en urgence le CFCM, gangréné par les Frères musulmans, le Tabligh et l'islamisme turc d'Erdogan et du Milli Görüs, soit exiger de cet organe des garanties d’adhésion à la République qui passent par une mise hors la loi de ses composantes intégristes en échange de sa reconnaissance par les autorités, au même titre que les garanties qu’ont données les juifs en signant un pacte avec la République et au même titre que l’Eglise chrétienne, qui a su reconnaître et tirer tous les avantages de la loi 1905.


Dans les années 2000, avec la Droite Libre, Rachid Kaci, puis après avoir consulté des théologiens comme Mezri Haddad ou le cheikh Bentounès et l'imam Chalghoumi, nous avions proposé de crever définitivement l'abcès et de faire en sorte que les associations musulmanes de France, par l’intermédiaire du CFCM ou autres, s’engagent solennellement au travers d’un pacte de l’Islam Républicain ou une CHARTE de l’ISLAM de France non négociable, ne se contentent pas de jurer qu'elles respectent les lois françaises, mais se désolidarisent officiellement et clairement de la Charià, du moins de tout ce qui dans les lois temporelles de l'islam est contradictoire avec nos us, coutumes et lois séculières et laïques. Nous proposions donc que toutes les associations islamiques de France signent une Charte de l'islam de France, non-négociable, qui prévoit notamment de :