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Ces multiples avertissements venus du monde musulman que l’Europe refuse obstinément d’entendre sur le danger islamiste

Au nom de la « lutte contre la « persécution des musulmans », et sur fond d’essor de l’islamisme radical - tant jihadiste (« coupeurs de têtes »), que politique (coupeurs de langues »), on ne compte plus les écoles et lycées menacés par des appels aux attentats ou aux égorgements de professeurs ; les universités investies par des militants pro-Burqa et pro-Abaya ; les agressions aux couteaux de « mécréants », juifs, chrétiens ou non-croyants ; les lynchages de musulman(e)s jugés « apostats » car « habillés » comme les infidèles, ou coupables de ne pas observer correctement le ramadan. On ne compte plus les attentats « projetés », fort heureusement souvent déjoués, mais de retour depuis l’ascension de l’EI-K, l’Etat islamique au Khorasan, et surtout depuis le carnage du 7 octobre 2023 - commis par le Hamas qui a lancé depuis Doha, grand allié de l’Occident, un appel à s’en prendre partout aux Juifs. Et surtout, ceux « inspirés », en pleine explosion, car s’ils répondent souvent aux « appels » au jihad de Daech ou d’Al-Qaïda, les « petits jihads du quotidien »,  « mimétiques », de type « justicialistes », qui suivent la geste du Hamas ou qui visent à « punir » les « islamophobes » ou « blasphémateurs », sont presque impossibles à anticiper. Car ils procèdent d’une idéologisation ambiante devenue une véritable contre-culture.



Ce nouveau jihadisme du quotidien est diffus et récurrent. Ses actions sont souvent quasiment improvisées car naturellement inspirées par la diabolisation des valeurs occidentales, par une lecture totalitaire de la charia légitimée par les centres islamiques fréro-salafistes, les réseaux sociaux et les prédicateurs des quartiers, et donc par la diffusion d’une idéologie suprémaciste néo-califale et revancharde qui progresse d’autant plus au sein de la jeunesse musulmane qu’elle est légitimée par l’extrême-gauche et les antiracistes de profession, y compris au sein de l’Université. Cette fanatisation croissante des jeunes musulmans en Europe même est le fruit hybride de l’importation des conflits du Proche-Orient, de l’islamisme salafo-frériste totalitaire, puis d’une « paranoïsation » ambiante des musulmans appelés à détester et combattre les valeurs et les autochtones des pays non-musulmans accusés de « persécuter » les vrais croyants puis de « souiller » l’honneur des musulmanes.


C’est dans ce climat général de progression du totalitarisme islamiste en Occident et surtout dans les pays de l’Europe de l’Ouest - ouverts depuis des décennies à tous les vents migratoires et islamistes - qu’a eu lieu, il y a quelques jours, l’incroyable manifestation de 1000 militants islamistes, qui, à Hambourg, se sont rassemblés à l’appel du groupe islamiste allemand MuslimInteraktiv, lui-même lié au Hizb-ut-Tahrir international, sur fond de slogans suprématistes, antijuifs, antisionistes, de « takbir » (« Allahou Akbar ») et de shahada, scandés sur fond de pancartes appelant à rétablir un Califat islamiste (« le Califat est la solution »), sans oublier les traditionnelles dénonciations paranoïaques des Européens « islamophobes » ainsi que les valeurs « diaboliques » des démocraties occidentales, complices du « génocide des Palestiniens » et de la « persécution des musulmans».


Les avertissements des dirigeants émiratis et égyptiens à l’Europe qui héberge les Frères musulmans


Face à la progression de ce fléau, il est bon de rappeler les propos prémonitoires de grandes figures du monde arabo-musulman qui nous avertissent depuis des années sur ce risque de prolifération du « fascisme vert » en Europe. Afin de faire réagir les élites, les opinionistes et les électeurs européens, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed, a opportunément republié ces jours-ci un extrait vidéo d'une interview de 2017 accordée au forum Tweeps dans laquelle il avertissait l’Occident que le refus de ce dernier de combattre le totalitarisme islamiste et l’ouverture de ses portes démocratiques à ses propres ennemis islamistes déclarés - combattus dans nombre de pays musulmans – serait une erreur fatale. Faisant précéder la vidéo republiée par un opportun "Je vous l'avais dit", bin Zayed affirmait que les Etats européens allaient se transformer en "foyers de terrorisme" s'ils ne menaient pas une politique très ferme contre la venue en Europe et contre l’octroi de la liberté d’action et d’expression à tant d’extrémistes fréro-salafistes et pro-jihadistes : « Je sais que vous avez la traduction de mon discours en arabe, mais je veux juste m'assurer que vous comprenez bien en répétant mon avertissement en anglais : il viendra un jour où nous verrons beaucoup plus d'extrémistes radicaux et de terroristes venir d'Europe que chez nous en raison de l'absence de prise de décision, de la volonté d'être politiquement correct ou de la supposition qu'ils connaissent le Moyen-Orient, l'Islam et les autres bien mieux que nous. Et je suis désolé, mais c'est de la pure ignorance ».


En fait, l'extrait a refait surface à plusieurs reprises depuis des mois sur les réseaux sociaux, notamment à la suite du massacre du 7 octobre et à la suite des nombreuses manifestations propalestiniennes, pro-islamistes, pro-Hamas et souvent anti-juives qui ont eu lieu sur les campus américains et qui ont entaché jusqu’à la réputation de Harvard, incapable de juguler et de condamner ce néo-extrémisme dans ses rangs, à l’instar de Science Po Paris, où le débat a été confisqué ou empêché par les Islamistes et leurs alliés contre-nature propalestiniens wokistes et néo gauchistes.


En réalité, ce genre d’avertissant venus de pays arabes importants, amis ou pas de l’Occident, n’est pas nouveau. Dans les pays arabes comme en Turquie, les partisans du nationalisme séculier et de la laïcité ont toujours perçu comme une trahison et une capitulation le fait que les mouvements islamistes jadis combattus par les Kémalistes en Turquie et par les baathistes ou nassériens en pays arabes ont toujours trouvé refuge en Europe ou aux Etats-Unis. Nous avons notamment cité le Hizb-ut-Tahrir à propos de la manifestation de MuslimInteraktiv de Hambourg.


Ce mouvement panislamiste, considéré comme « fanatique » en Syrie, en Jordanie, son pays d’origine qui l’a banni, au Tadjikistan, qui l’a écrasé, ou même à Gaza où le Hamas l’a jugé trop radical idéologiquement, s’exprime et agit librement en Occident sous prétexte qu’il n’appelle pas explicitement au jihad en Europe, alors même qu’il soutient la violence jihadiste dans le monde musulman face aux dictatures laïques hostiles au Califat… 


Nous avons montré dans nos ouvrages depuis 1997 comment l’Occident, pour affaiblir l’empire communiste (« stratégie de la ceinture verte ») et pour contenter ses alliés pétroliers fondamentalistes, a joué à fond la carte islamiste pendant toute la guerre froide ; pendant les guerres yougoslaves ou dans d’autres points du monde, de façon générale jusqu’au choc du 11 septembre, puis ensuite encore de façon récurrente en Libye (2011) et en Syrie (révolutions arabes et guerre civile syrienne, 2012-2017). En vertu d’une diplomatie cynique fondée sur le court terme et la compromission (dépendance pétrolière ; délégation de la gestion de l’islam aux puissances étrangères et pôles mondiaux de l’islamisme; alliance avec les islamistes contre la Russie et la Yougoslavie, démantelée au profit de foyers islamistes et même contre les régimes nationalistes arabes opposés aux islamistes, comme la Syrie, l’Irak ou l’Algérie, etc), les capitales occidentales ont armé, financé, puis encouragé les mouvements islamo-terroristes anti-occidentaux qui ont fini par se retourner contre elles (Ayatollah Khomeiny, Talibans, milices islamistes syriennes et libyennes liées à Al Qaïda, jihadistes de Tuzla, en Bosnie, etc).


Non seulement les dirigeants occidentaux ont joué avec le feu jihadiste en terre musulmane lointaine, mais ils n’ont même pas essayé de prémunir leurs propres territoires contre cette menace qu’ils ont laissé proliférer sur leur propre sol sans même y être obligés, par stupidité, je-m’en-foutisme, manque de conscience civilisationnelle, basses compromissions électorales ou encore en vertu d’une « pax islamica » court-termiste dans les « banlieues de l’islamisme » à la dérive.


Au titre de “ l’asile politique ”, du « multiculturalisme dévoyé » et d’un paternalisme post-colonial mâtiné de culpabilisation et de renonciation à leurs propres valeurs, ils n’ont jamais cessé d’accueillir, au cours des trente dernières années, et ce, y compris après les attentats de Manhattan et du Pentagone, la plupart des leaders islamistes condamnés et recherchés par des pays musulmans paradoxalement plus anti-islamistes que les Etats occidentaux. On peut même dire sans exagérer que cet appui occidental conscient ou objectif aux forces de l’islamisme mondial constitue l’un des leviers d’action majeurs des activistes islamistes qui organisent en fin de compte leur révolution verte anti-occidentale à partir des bases-arrières du Monde Libre. D’où les indignations récurrentes de chefs d’Etat musulmans sécularistes depuis les années 1980-90, qui, comme Bourguiba et Ben Ali en Tunisie, déploraient de devoir combattre chez eux un obscurantisme encouragé par les Etats-Unis et hébergé en Europe… Idem pour les Kémalistes turcs désespérés de voir l’Occident adouber le néosultan Erdogan dans les années 2003-2008 avant qu’il ne révèle son vrai visage.

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