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Alexandre del Valle : Le djihad civilisationnel, des attentats inspirés à la « punition » des mécréants et des blasphémateurs

CHRONIQUE. La lutte contre les terroristes islamistes devient d'autant plus difficile qu'ils sont désormais installés dans notre société et qu'ils visent à la transformer de l'intérieur, en usant à la fois de la force et de la persuasion, qui s'appuient l'une l'autre.  





Assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard, coupables de « blasphème » ; égorgements de prêtre ou de fidèles dans leur église (père Hamel, Saint-Étienne-du-Rouvray, avril 2017, basilique Notre-Dame de Nice, 2020), massacres de retraitées juives par des musulmans radicalisés (Mireille Knoll, 2018 ; Sarah Halimi, 2017) ; agressions de juifs dans des écoles communautaires (Toulouse, mars 2012), menaces sur les établissements d’enseignement scolaire sur fond de polémique sur le port du voile islamique (lynchage de Samara dans son collège de Montpellier après avoir été qualifiée de « mécréante » et avoir refusé de se voiler), la montée du “djihad au quotidien” endogène est exponentielle.


A LIRE 


Elle est alimentée par le victimisme, l’immigration incontrôlée, la panne de la machine républicaine à assimiler, les convergences subversives rouges-vertes, l’importation du conflit israélo-palestinien, les conflits en Asie centrale, au Sahel et au Moyen-Orient et bien sûr le mimétisme djihadiste (effet Werther), qui motive des soi-disant “loups solitaires” à répondre à un “appel” mondial au djihad contre les mécréants, les apostats et autres “ennemis des musulmans”.


Un djihad indétectable


Ce nouveau djihad au quotidien, banalisé, est bien plus difficile à détecter que le djihadisme “projeté” d’Al-Qaïda et Dae’ch, car il est basé sur une vision orthodoxe des rapports entre musulmans et non-musulmans en terre “infidèle” inscrite dans la charia sunnite classique. Au Royaume-Uni, dans les années 1990, les attaques à l’acide des filles “apostates” et “impudiques”, comme Samara, avaient permis la prise de contrôle de quartiers par des organisations islamistes tolérées par les gouvernements cédant à la pax islamica et recherchant le muslim vote.


Dans une l’Europe multiculturaliste, cette menace à la fois endogène et civilisationnelle fondée sur l’enseignement légal de la charia est préparée doctrinalement par les mosquées et organisations légales des Frères musulmans, les textes de l’Icesco (Organisation mondiale islamique pour l’éducation, la science et la culture, l’Unesco du monde musulman), le Millî Görüs turc, le salafisme officiel de la Ligue islamique mondiale, les Jamaa islamiya, Tabligh, deobandi et barelvis indo-pakistanais, etc., qui ont pignon sur rue. Ce djihadisme au quotidien se présente comme une simple “réaction des croyants” visant à “punir” les “traitres apostats” comme Samara et ceux qui “humilient les musulmans” comme Samuel Paty ou Dominique Bernard. Son carburant psycho-idéologique est la “paranoïsation” des musulmans, virus difficile à conjurer car de plus en plus enraciné.


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