Peut-on vaincre le totalitarisme islamique ?

February 22, 2017

Combattre le totalitarisme islamiste implique de le comprendre. Et le comprendre interroge sur notre capacité à le battre.

 

Publié le 10 Février 2017

 

Tout d’abord, comprendre ce qu’est le totalitarisme islamiste

À la différence du fondamentalisme protestant et de l’intégrisme catholique, l’islamisme radical est caractérisé par sa triple dimension, théocratique, conquérante et violente, ce qui en fait plus une idéologie de type totalitaire qu’un simple intégrisme religieux. De ce fait, comparer les"Trois intégrismes"et mettre systématiquement sur le même plan des égorgeurs-lapideurs islamistes et des catholiques ou juifs traditionnalistes relève à la fois de l’imposture intellectuelle et du mensonge géopolitique.

Il est en effet clair que ni le judaïsme, rebelle à tout prosélytisme, ni le christianisme, dont les textes sacrés réprouvent toute violence et sont à l’origine de l’idée spécifiquement occidentale de laïcité, n’ont produit l’équivalent de l’islamisme ou ne continuent à prôner et mettre enoeuvre de façon planétaire une telle violence théocratque et conquérante. Certes l’Islam n’est pas l’islamisme, et les Musulmans en sont les premières victimes. Mais les origines profondes de ce totalitarisme vert résident qu’on le veuille ou non dans les fondements mêmes de l’orthodoxie islamique sunnite et pas seulement salafiste-wahhabite, enseignée hélas aujourd’hui même dans les grandes Universités musulmanes du monde entier et demeuré immuable depuis le XIe siècle, le Coran et les Hadiths ("dits et faits de Mahomet"), sources de la Charià, proclamant explicitement la guerre sainte. Car le Jihad constitue l’un des moyens d’expansion naturels de l’Islam classique et il est central dans les traités de droit islamique et dans la Charià. Dans le Coran, le combat armé est appelé tantôt le "Sentier d’Allah" (jihad fi sabillil’Ah) ou Qital (fait de tuer) et les Moujahidines tombés sont comparés à des "martyrs de la Foi" (IX, 52 ; LVIII, 19). Le Coran regorge de sourates appelant à la guerre contre les Juifs et les Chrétiens insoumis ou les Polythéistes : "Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu, au jour dernier, qui ne considèrent pas comme illicite ce que Dieu et son prophète ont déclaré illicite, ainsi que ceux qui, parmi les gens des Écritures (ahl al-kitab) ne pratiquent pas la religion de la vérité, jusqu’à ce qu’ils paient, humiliés, et de leurs propres mains, le tribut"(9, 29) ; "Le combat vous est prescrit et cependant vous l’avez en aversion..."(2, 216) ; "...Lorsque tu portes un coup, ce n’est pas toi qui le portes, mais Dieu qui éprouve ainsi les Croyants par une belle épreuve..." (8, 17) ; "Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de luttes doctrinales et qu’il n’y ait pas d’autre religion que celle de Dieu. S’ils cessent Dieu le verra" (8, 39) ; "Lorsque les mois sacrés seront expirés, tuez les infidèles partout où vous les trouverez. Faites-les prisonniers ! Assiégez-les ! Placez-leur des embuscades ! ..."(9, 5) ; "Ô Croyants ! Combattez les infidèles qui sont près de vous. Qu’ils trouvent en vous de la rudesse !...". (9, 123) ; ou encore : "Lors donc que vous rencontrerez ceux qui mécroient, alors frappez aux cols. Puis quand vous avez dominé, alors serrez le garrot"(47, 4). Ainsi, les grands penseurs musulmans orthodoxes et commentateurs des Hadiths : El-Bokhari, El-Ghazali (1058-1111), Nawawi, Ibn Taimiyya, Malik, ont théorisé "la guerre sainte (ou "effort") sur le sentier d’Allah "(jihad fi sabill’illah) et ont réglementé les modalités d’extermination des "Infidèles" : "La loi défend de tuer, dans la guerre contre les Infidèles : des mineurs, des aliénés, des femmes et des hermaphrodites […] mais on peut tuer légalement : les moines [non reclus], des mercenaires que les Infidèles ont pris dans leur service, des vieillards, et des personnes faibles, etc. (1), écrit Nawawi. C’est en effet parce que le Jihad est chargé d’une considérable légitimité islamique que tous les Islamistes contemporains (Mawdoudi, El-Banna, Qotb, Kichk, Farag, Oussama Bin Laden, etc.) en ont fait leur leitmotiv central et c’est parce que cette légitimation du Jihad est portée par des institutions islamiques qui ont pignon sur rue en Occident comme les Frères musulmans ou les salafistes quiétistes qu’il convient d’abord d’agir sur elles en les empêchant de fanatiser les consciences de nos concitoyens musulmans. Je démontre dans mon livre Les Vrais ennemis de l’Occident que l’islam prévoit la crucifixion de l’apostat, l’esclavage de la femme infidèle, y compris son viol par le combattant musulman… L’excision est prônée dans le wahhabisme, le djihad est prôné dans toutes les traditions islamiques… C’est la légitimation de la violence pour faire avancer l’islam et pas pour se défendre ! Tout ceci est démontré à travers ces trois sources que sont le Coran, les hadiths et la Sîra, c’est-à-dire la vie de Mahomet. Il y a trois textes sacrés dans l’islam qui sont des références pour la loi islamique, or les sanctions juridiques et ces trois textes ne sont absolument pas remis en question. La lecture orthodoxe de ces trois textes, jusqu’à aujourd’hui, n’a jamais été réformée et c’est une lecture littéraliste et totalitaire qui prône les visions les plus violentes, les plus radicales et les plus liberticides. Il y a évidemment plusieurs lectures de l’islam. Je montre aussi que les musulmans modérés, les musulmans laïcs, ceux qui veulent avoir une lecture non littéraliste, ceux qui pensent que le Coran peut être interprété, sont considérés comme des apostats et, généralement, finissent menacés de mort ou carrément tués par des États tout à fait officiels. Lorsqu’ils ne sont pas tués, même les pays musulmans les plus modérés comme le Maroc aujourd’hui, sanctionnent la libre pensée.

 

Si le culte musulman n’est pas strictement encadré et les prêches des Imams non contrôlés, il sera impossible de lutter contre la légitimation de l’intolérance et de la violence islamiste

 

Les grands hommes politiques musulmans laïques et nationalistes comme Bourguiba, Atätürk n’ont pas dit autre chose, et leur lointain successeur AbdelFattah al-Sissi, actuel président de l’Egypte, ne cesse de répéter cette évidence. De ce fait, si l’on veut vraiment combattre la haine, l’intolérance et la violence de Da’ech ou d’autres groupes islamiques qui recrutent jusque chez nous des militants de la terreur, il ne suffit pas de mettre en œuvre des mesures policières et de surveillance (omniprésence de militaires dans les gares et lieux publics) ou de bombarder des positions jihadistes dans les pays bases-arrière, mais avant tout de couper toute influence des pôles de "production de l’islamisme" (Salafisme wahhabite, Frères musulmans, mouvements islamiques ultra-orthodoxes qui encadrent une majorité de lieu de culte musulmans en Europe, etc.), c’est-à-dire mener une contre-offensive doctrinale et idéologique, ce que demande le président Al-Sissi lui-même lorsqu’il interpelle les grands imams et oulémas de l’Université sunnite Al-Azhar en les exhortant à"réformer radicalement l’islam et surtout ses interprétations politico-guerrières qui datent d’une époque révolue.

Tous les penseurs de l’islam modernes, éclairés et réformistes qui luttent contre le fascisme vert savent très bien que le fait de qualifier"d’islamophobes"ceux qui interpellent les textes de l’islam orthodoxe participe d’une désinformation et d’un terrorisme intellectuel qui ne sert qu’à protéger des critiques l’islamisme radical et à servir sa rhétorique culpabilisante et victimaire. D’évidence, les causes profondes de l’échec du réformisme musulman, et donc de la résurgence islamiste, sont à rechercher dans le caractère indiscutable des textes sacrés musulmans et dans le refus, typiquement islamique, de toute innovation (bidaà) théologique. Les réformateurs musulmans furent par ailleurs toujours accusés de faire leurs les idéologies laïques "étrangères"importées par le colonisateur occidental, l’idée même d’une séparation de la religion (din) de la société (dunya) et de l’État (dawla) étant dénuée de sens dans l’islam classique, et a fortiori pour les Islamistes, qui se réfèrent à la pensée du hanbalite Ibn Taimiyya, référence commune aux Wahhabites saoudiens, aux Salafistes afghans ou aux"respectables"Frères musulmans. Ainsi, l’un des tous premiers mouvements islamistes, l’Association des Frères-musulmans (El-Ikhwàn El-Muslimûn), fondé en Égypte en 1928 par Hassan El-Banna, disciple de Rachid Rida, pourtant héritier de Jamal Eddine, Abdoù et Rachid Rida, est né en réaction aux régimes musulmans de l’époque qui, sous l’influence de l’Occident, avaient tendance à se séculariser. Toujours fort puissante en Égypte et dans le monde islamique (Koweït, Turquie, Tunisie, etc.), l’organisation poursuit son but : instaurer des États islamiques partout dans le monde, tantôt via la violence, tantôt au moyen de la compétition électorale. Ce même objectif sera poursuivi par l’équivalent pakistanais des Frères : la Jama’at-i-islami, fondée en 1941 par A.A. Mawdoudi, lequel prône l’instauration d’un État islamique séparé appliquant la Charià, seule solution permettant d’échapper au "pouvoir infidèle" (houkoum al jahili) des Hindouistes. Cette démarche "séparatiste" sera à l’origine de la création de l’État du Pakistan en 1947. Le principe de "refus du pouvoir infidèle" explique par ailleurs la plupart des conflits qui opposent Musulmans et "Impies" au Cachemire, au Soudan, en Arménie, en Tchétchénie ou même au Kosovo et en Macédoine, où les populations musulmanes sont devenues majoritaires, le Coran précisant : "N’appelez point à la paix alors que vous avez la supériorité"(XLVII, 35). Or toutes ces organisations qui poursuivent un objectif de conquête de la planète et d’islamisation des pays musulmans et des Sociétés occidentales "mécréantes", puis de fanatisation des citoyens de confession musulmane qu’ils refusent de voir s’intégrer aux valeurs "impies", ont hélas pignon sur rue dans nos démocraties et ce sont à elles que nos irresponsables dirigeants ont confié l’encadrement du culte musulman, parfois avec des financements et aides publiques… Or les pôles de"production de l’islamisme intolérant"ne sont pas que les pays islamistes du Golfe wahhabites ou les Frères musulmans ou le Tabligh pakistanais ou autres salafistes, car des pays apparemment respectables et modérés comme le Maroc jouent un jeu trouble en France et en Europe où ils distillent un esprit chariatique et communautariste hostile à l’intégration à travers les organisations de représentation de l’islam qu’ils contrôlent. Qui sait par exemple que dans ce Maroc "ami" et "tolérant un sujet marocain n’a pas le droit de ne pas pratiquer le ramadan et n’a pas le droit de choisir le christianisme et de renoncer à l’islam sous peine de punition pénale très grave qui va jusqu’à la prison ?  Or c’est le Habous, la structure ministérielle marocaine religieuse qui punit l’apostasie et interdit la liberté religieuse, qui contrôle aujourd’hui le Conseil français du culte musulman (CFCM), c’est ubuesque ! On a confié l’islam français à des pays comme le Maroc ou la Turquie d’Erdogan (qui co-préside le CFCM) qui, dans le meilleur des cas, vont mettre en prison ceux qui se convertissent au christianisme, et, dans le pire des cas, comme l’Arabie Saoudite, tuent le converti. On a confié l’islam européen et français à ce que j’appelle les Pôles du totalitarisme islamiste : l’Arabie Saoudite, les Frères musulmans, la Turquie de Monsieur Erdogan, qui développe un islam anti Kémaliste depuis des années, il y a aussi les Tablighs indo-pakistanais, qui contrôlent notamment la mosquée de Lunel… À part le pôle algérien (Mosquée de Paris), on a confié la gestion de l’islam en France à des États qui violent la liberté de conscience et qui ont une vision conquérante de l’islam. Rappelons que le néo-sultan Erdogan, qui adhère à un islam proche des Frères musulmans, très lié aux monarchies du Golfe, a même dit que l’intégration des musulmans aux mœurs européennes était un crime contre l’humanité ! Je montre dans mon livre Les vrais ennemis de l’Occident (L’Artilleur/Toucan) que le plan de conquête des pôles de l’islam radical, qui est parfois un islam totalement institutionnel, est de renverser les pouvoirs laïcs dans les pays musulmans et, en même temps, d’empêcher l’intégration des musulmans dans les terres infidèles, car pour eux il n’y a rien de pire que le fait qu’un musulman soit commandé par un non-musulman. Donc, ils doivent tout faire pour ne pas s’intégrer aux mœurs mécréantes, en développant une communauté sécessionniste, une sorte d’extraterritorialité, avec des droits différents, pour ne pas être humiliés par le fait d’être commandés par des infidèles et des lois infidèles.

 

L’Occident : terre d’asile ou terre de Jihad pour les Islamistes radicaux ?

 

En Europe et en territoire non-musulman en général, l’impératif islamique chariatique de combattre par le Jihad ou de fuir la"société infidèle"et de gagner une terre islamique (Hijra vers le Dar-al-Ilam, comme le prône Da’ech dans ses revues) s’exprime de manière différente suivant les deux grandes tendances islamistes radicales et leurs buts de guerres respectifs.

Rappelons que "l’orthodoxie"islamique divise le monde en différentes zones ennemies : la "demeure de l’Islam" (dar al-islam) – l’ensemble des pays où domine l’islam – et la "demeure de la guerre"– (dar-el-harb), le monde infidèle. Dans le dar-el-islam, les non-Musulmans sont "tolérés", moyennant le paiement d’un tribut et la soumission à la Charià, s’ils sont adeptes d’une religion abrahamique, juifs ou chrétiens. Quant au dar-el-harb, il constitue un espace géopolitique et religieux foncièrement hostile, avec lequel seules des relations de guerre peuvent exister. Da’ech et Al-Qaïda, minoritaires au sein de la mouvance islamiste-salafiste mondiale, est adepte de cette vision globale orthodoxe et très présente dans l’histoire et les textes officiels sunnites de l’Islam. Toutefois, le Coran prévoit une exception que met en avant la mouvance des Frères musulmans et des pôles officiels plus"respectables"des islamistes actifs en Occident: la "demeure de l’Islam"peut contracter une trêve avec la "demeure de la guerre"si cette "trêve", due au principe de nécessité (darura), permet aux Musulmans, contraints de résider dans le dar-el-harb, d’y prêcher leur doctrine sans exiger en contrepartie le même droit de prédication non-musulmane en terre d’Islam. Mieux : les Islamistes peuvent s’exprimer plus librement en terre occidentale que dans leurs pays d’origine ! Cette situation intermédiaire est nommée "terre de la conciliation" (dar-el-sulh ou dar-el-ahd) ou "terre de la prédication" (dar-el-dawaà), en référence à l’impératif de prosélytisme. 

C’est ainsi qu’en Occident, les organisation prosélytes et communautaristes liées aux grands pôles officiels de l’Islamisation (Frères musulmans , Ligue islamique Mondiale, Organisation de la Coopération islamique, wahhabisme saoudien, mouvances turques et pakistanaises, etc), qui se disent les"garants" de l’islam "orthodoxe" confirment le caractère"licite"de la"présence musulmane"en Europe au titre du dar-el-dawaà ou dar al Shahada, terre du témoignage, qui signifie que l’Europe est "licite "car elle accepte le témoignage et le prosélytisme islamique sans exiger de réciprocité dans les pays islamiques qui persécutent leurs minorités chrétiennes. Il est en effet clair que dans l’Islam classique, les relations pacifiques avec les territoires non-musulmans sont conditionnées par le respect de ce principe d’unilatéralité. 110). De ce point de vue, l’Occident semble avoir d’ores et déjà intériorisé le principe de "supériorité de l’Islam" – phénomène que l’islamologue anglo-égyptienne Bat Yé’Or nomme la "dhimmitude" – en acceptant l’accord de dupes en vertu duquel le prosélytisme d’États islamistes comme l’Arabie saoudite, à l’origine en 1994, de la mosquée de Rome, plus grande d’Europe), est officiellement consacré par les États occidentaux sans qu’une seule chapelle ne puisse être ouverte en contrepartie en Arabie... 

Rappelons que 75 milliards de dollars ont été dépensés par la seule Arabie Saoudite à travers des fonds directs ou à travers la Ligue islamique mondiale qui est la grande structure saoudienne pour répandre le salafisme. Sur 40 ans, ces 75 milliards, c’est à peu près 10 fois plus que ce que l’Union soviétique a dépensé dans une période comparable à parité de pouvoir d’achat. Aucune organisation totalitaire n’a jamais bénéficié d’autant d’argent pour promouvoir son idéologie. Il ne faut pas sous-estimer et nier l’importance de l’idéologie et la grande faiblesse de nos démocraties qui sont uniquement matérialistes.

Si des gens répandent une idéologie subversive, elle va devenir dominante dans un pan de la population et elle prendra la territorialité et la souveraineté. À terme, elle retournera la population. La grande erreur est de sous-estimer l’idéologique. C’est ce que l’on a vu avec les organisations chargées de déradicaliser les jeunes : c’est un échec total, parce que quelqu’un qui a été idéologisé de manière profonde ne doit pas être réduit à quelqu’un qui aurait été malheureux parce qu’il serait orphelin ou sans travail ! Il existe une capacité à fanatiser les gens et l’on voit bien que les sectes recrutent des gens issus de la bonne bourgeoisie qui ont fait des études. Ce ne sont pas uniquement des imbéciles. Ce sont même souvent des gens assez instruits qui rentrent dans des mouvements terroristes, parce qu’il faut avoir un certain éveil et parce que l’idéologie fascine ceux qui s’intéressent au pouvoir des idées. Quelqu’un qui n’a aucune réflexion ne peut pas être idéologisé. Donc, sous couvert de religion, des États totalitaires qui ont un projet de conquête totale de l’humanité sont en train d’organiser la conquête sur notre propre territoire, parfois avec le financement des mairies ou des conseils régionaux ! Cet ennemi bénéficie de notre ouverture, de la compromission ou du je-m’en-foutisme de nos dirigeants : donc, les vrais responsables sont nos dirigeants…

 

Source : http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/peut-on-vaincre-totalitarisme-islamique-alexandre-del-valle-2960955.html

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