Avec des amis comme ceux-là.... Les pôles islamiques qui dénoncent "l'islamophobie de " l'Occident et de la France nient chez eux la liberté de conscience et persécutent les chrétiens et les apostats

September 2, 2016

Après l'Arabie saoudite et le Koweït, l'auteur poursuit son feuilleton, "avec des amis comme ceux-là, pas besoin d'ennemis", concernant les pays qui appuient ou encadrent l'expansion de l'islam chez nous mais persécutent les convertis au christianisme chez eux...

 

Si l’on examine la situation des hétérodoxies musulmanes et des religions non-musulmanes en terre d’Islam, on s’aperçoit que les droits à la liberté religieuse inscrits dans les articles dix-huit et dix-neuf de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 sont violés dans tous les pays musulmans qui appuient l'expansion de l'islam en France et en Occident et qui y soutiennent et financent des associations islamiques censées représenter nos concitoyens musulmans littéralement pris en otage et abandonnés par nos pouvoirs publics qui les donnent en pâture aux pôles mondiaux de l'islamisme : Pakistan, Koweït, Arabie Saoudite (qui interdit tout prosélytisme chrétien et non-musulman et punit de mort les conversions au christianisme), Frères musulmans, Turquie et même Maroc.

Ces deux derniers pays, réputés "modérés" mais pas si tolérants que l'on croit, et même opposés officiellement à liberté religieuse chez eux (qu'ils invoquent chez nous en se posant en victimes du "racisme islamophobe"), ont récemment lancé une vaste offensive en France pour prendre le contrôle des instances de représentation de l'islam.

L'absence de réciprocité et de liberté religieuse

Dans la totalité de ces pays "modérés" ou "alliés" de l'Occident qui soutiennent le prosélytisme islamique en Europe au nom de la tolérance et de la liberté de conscience puis du pluralisme, ces mêmes droits qu'ils invoquent et ce pluralisme sont systématiquement violés de façon tout aussi décomplexée que nos pays sont complexés. Cela signifie que la caractéristique même des relations entre nos pays libres et ces pays islamiques sont, du point de vue religieux, des relations fondées sur l'absence de réciprocité. Il est de notoriété publique en effet que les droits des communautés animiste, chrétienne, hindouïste, bouddhiste, baha'i, ahmadiyyah, alévis et chiite et bien sûr des athées et "paiens" mécréants sont bafoués tant au Pakistan qu'au Soudan, en Mauritanie, au Mali, au Maroc, en Turquie, dans les pays du Golfe, etc. Pour la seule Arabie saoudite, Amnesty International rapporte que, “ des centaines de chrétiens, dont des femmes et des enfants, ont été arrêtés et emprisonnés, pour la plupart sans avoir été jugés, seulement pour avoir exprimé pacifiquement leurs convictions religieuses. Un grand nombre ont été torturés durant leurs détentions, certains par flagellation. La possession d'objets religieux non-islamiques tels qu'une Bible, un chapelet, une croix ou une image pieuses est interdite et ces objets peuvent être confisqués”1. Au Pakistan, pays le plus actif au sein des instances islamiques de l'OCI et des Nations Unies pour exiger la condamnation de "l'islamophobie" en Occident - et qui contrôle notamment la très radicale Fondation de Leicester qui fut à l'origine, en Europe, de la campagne d'appel au meurtre de Salman Rushdie condamnée par des fatwapour "apostasie" - des non-musulmans sont condamnés à mort régulièrement pour "blasphème" dès qu'ils sont suspectés de confesser publiquement leur foi. Chacun a en mémoire la condamnation de la jeune Asia Bibi, accusée à tort de « blasphème » et condamnée à mort pour avoir bu dans le puits de musulmans sans renier sa foi chrétienne. Son procès en sorcellerie d'un autre âge fut avalisé par l’essentiel de la classe politique et religieuse du pays. Et l’assassinat des seuls hommes politiques pakistanais qui la défendirent courageusement et qui demandèrent l'abolition des lois anti-blasphème, le gouverneur Salman Taseer (décembre 2010), et le ministre chrétien des minorités Shahbaz Bhatti (2 mars 2011), fur salué par des millions de Pakistanais fanatisés depuis le plus jeune âge et par des partis politiques officiels.... Mais ce pays, qui a co-créé Al-Qaida et protégé Ben Laden jusqu'à son dernier jour, demeure présenté par les dirigeants occidentaux comme un "allié de l'Occident" et il fait partie du peloton de tête des Etats islamiques qui donnent des leçons de morale aux Occidentaux et appuient des centres islamiques prosélytes intégristes dans nos démocraties.

 

Le double jeun de l'Etat marocain

Nous avons déjà abordé dans des précédents articles les cas de l'Arabie saoudite et du Koweït, qui appuient nombre de centres islamiques en Occident puis financent des ONG islamistes terroristes un peu partout dans le monde et persécutent les chrétiens chez eux, tout en étant courtisées par nos dirigeants de tous bords. Mais un autre Etat "ami" de l'Occident, qui ne finance pas le terrorisme, quant à lui, mais qui pratique le refus total de la réciprocité en matière religieuse, le Maroc, membre actif de l'OCI et grand allié de l'Arabie saoudite, est très actif en Europe et en France et ne contribue absolument pas à la promotion d'un islam des Lumières rêvé par Abdelnour Bitar ou à l'intégration des musulmans issus de l'immigration qu'il instrumentalise dans une logique communautariste et nationaliste.

Récemment, dans le cadre de sa rivalité viscérale avec l'Algérie, qui présidait le Conseil Français du Culte musulman (CFCM) à travers la figure assez modérée de Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, le Maroc a réussi à faire une OPA sur le CFCM en faisant nommer président Anouar Kbibech, également président du Rassemblement des musulmans de France, qui est en fait une structure maroco-marocaine. Outre que ce Monsieur qui passe pour un modéré et dénonce souvent les dérives "islamophobes" des dirigeants ou citoyens français a passé le mois d’aout 2016 à critiquer les maires ayant pris des mesures pour l’interdire le burkini sur les plages, rappelons que l'association RMF qu'il préside est directement liée au ministère marocain du culte, le Habous, qui adhère à une vision chariatique, interdit tout prosélytisme chrétien au Maroc et punit sévèrement l'apostasie, l'incroyance et toute changement de religion pour un musulman.2 A l'appui de cette affirmation, citons un avis récent émis par l'institution marocaine royale habilitée à émettre des fatwas, le Conseil supérieur des oulémas, qui répondait ainsi à une demande du Habous (ministère des affaires islamiques, dont il dépend3) : "Celui qui renonce à sa religion est apostat et il doit retourner à sa religion. S'il refuse, il perd la vie et l'au-delà et il doit être condamné à la peine de mort". La fatwa rappelle aussi aux musulmans de "rester dans leur religion et d’appliquer la sage loi de Dieu, car toute personne née de parents musulmans, ou de père musulman uniquement, est considérée comme musulmane à son tour et liée par un acte de foi et un pacte social à la nation d’islam ; l’islam ne permet en aucun cas à ces personnes de quitter leur religion ou de renoncer au pacte social qui les lie. Faire cela est un acte d’apostasie et de déloyauté, et expose son auteur à des peines spéciales". Cette fatwa sans équivoque qui montre quel islam est dispensé au Maroc, mais dont la presse et le gouvernement français, qui a confié l'islam de France à la monarchie marocaine (composition du CFCM4), n'ont pas voulu ébruiter, a été publiée officiellement dans le recueil édité par le Conseil supérieur des oulémas. Celui-ci reproduit l’ensemble des fatwas émises entre 2004 et 2012 et il est consultable en ligne. De son côté, l'article 220 du code pénal marocain, un peu moins sévère, mais aussi liberticide et conforme aux visions de l'OCI, stipule qu'est "puni de six mois à trois ans de prison et amende de 200 à 500 dirhams, quiconque emploie des moyens de séduction dans le but d’ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d’enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats. En cas de condamnation, la fermeture de l’établissement qui a servi à commettre le délit peut être ordonnée, soit définitivement, soit pour une durée qui ne peut excéder trois années". L'article 222 du même code pénal chérifien prévoit que "celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l'emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 12 à 120 dirhams"5.  Pour ne citer que quelques cas parmi tant d'autres, rappelons qu'au Maroc, en 2014, le jeune chrétien, Mohamed Al Biladi a écopé, le 24 octobre 2014, de 2 ans de prison, en application de l’article 220, uniquement parce qu’il est chrétien et parce qu'il a été accusé de faire du prosélytisme. Déjà, un groupe de chrétiens - y compris des enfants - avait été condamné pour s’être réuni dans une maison pour prier, et un autre musulman converti au christianisme avait été condamné à 30 mois de prison.

 

Pour prendre la mesure de l'état d'esprit qui règne dans les pays musulmans sunnites "amis de l'Occident" réputés les plus "modérés", comme le Maroc ou la Turquie, on peut également citer les passages du livre de référence, au Maroc, sur la question des droits de l'Homme en islam, du très respecté professeur et homme politique Abdelhadi Boutaleb, réputé "de gauche" et "anti-islamiste", qui fut notamment Directeur général de l'Organisation islamique de l'Education islamique de l'éducation, la science et la culture6 et joua un rôle au sein de l'OCI: "La liberté en Islam est demeurée maîtrisée par les valeurs et les principes conformes au texte du Message (coranique).

Pour cela, il n’est pas permis à un Musulman, sous prétexte de liberté, d’afficher l’apostasie ou de pousser les Musulmans à la déviation, ou de modifier, dans un sens ou dans un autre, les préceptes fondamentaux de l’Islam. (…). La liberté (...) couvre la liberté de confession à condition qu’elle ne signifie pas l’apostasie ou la déviation (…) C’est à ce titre que les régimes politiques en islam se fixent toujours desobjectifs inspirés du Coran et de la Sunna en tant que fondements du cadre destiné à organiser la société"7. Ces propos clairs montrent bien que les dirigeants occidentaux, en confiant la gestion de l'islam à des pôles de l'islamisme ou à des pays ultra-conservateurs liés aux premiers, comme le Maroc, et dont la philosophie politique et la conception de la religion poussent à faire prévaloir les valeurs chariatiques sur les règles et coutumes séculières ne peuvent que compromettre l'intégration des citoyens musulmans ainsi donnés en pâture aux obscurantistes par les autorités occidentales.

 

1 AINO 62, juillet/août 1993.

 

2Rappelons que l'actuel président, marocain, du CFCM, Anouar Kbibech, également président du Rassemblement des musulmans de France, association directement liée au ministère marocain du culte, a passé le mois d’aout 2016 à critiquer les maires ayant pris des mesures pour l’interdire le burkini sur les plages en raison des troubles à l’ordre public.

 

 

3 Voir site du Minsitère du Habous et des affaires religieuses: http://www.habous.gov.ma/fr/conseil-sup%C3%A9rieur-des-oul%C3%A9mas/531-conseil-sup%C3%A9rieur-des-oul%C3%A9mas-2.

 

4 cf, "L'islam de France sera d'inspiration marocaine", in Site du Conseil de la Communauté marocaine à l'étranger",http://www.ccme.org.ma/fr/opinions/31618. Les élections du Conseil Français du Culte Musulman du 8 juin 2013 ont confirmé la domination du pôle marocain, via le RMF (Rassemblement des musulmans de France, appuyé par le Ministère marocain Habous). Les autres pôles ont été les Fédérations de la Grande mosquée de Paris, d'obédience algérienne, les plus modérés; la Coordination des musulmans turcs, liés au Milli Görüs et à la DITIB proches de la tendance AKP-Erdogan néo-islamiste; puis l'Union des organisations musulmanes de France (Frères musulmans)

 

5 Http://www.atlasinfo.fr/Maroc-polemique-sur-une-fatwa-qui-requiert-la-peine-de-mort-pour-apostasie_a41480.html. Dans la page 291 du recueil du CSO, il est stipulé que “le musulman qui change de croyance mérite la peine de mort”.

6 Puis vice-président de la Commission internationale pour la conservation du patrimoine culturel islamique présidée du prince saoudien Fayçal Ibn Fahd.

 

7 Abdelhadi Boutaleb, Le monde islamique et le projet de nouvel ordre mondial, PUF, 1995, pp 117 et 97.

 

 

http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/avec-amis-comme-ceux-poles-islamiques-qui-denoncent-islamophobie-occident-et-france-nient-chez-eux-liberte-conscience-et-2808911.html

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