Le totalitarisme islamiste ou le nouveau nazisme vert

November 20, 2002

 

Manhattan, Djerba, Karachi, Tel Aviv, Bali… Combien de nouvelles manifestations de barbarie verte devront-elles se produirent avant que les consciences démocratiques cessent de définir l'islamisme comme un simple « intégrisme » comparable aux « autres intégrismes juif et chrétien et admettent enfin que l'islamisme est une « idéologie de destruction de masse », un nouveau fascisme, la plus actuelle et la plus terrible incarnation du phénomène totalitaire après la déconfiture des totalitarismes nazi et stalinien ?

 

N'en déplaise à ceux qui ne cessent de nous rappeler que le judaisme et le christianisme furent dans le passé capables de violence (comme si la violence judéo-chrétienne passée pouvait excuser la barbarie verte du présent…), force est de constater qu'aujourd'hui, aucun système politico-religieux n'est aussi universellement violent et planétairement conquérant que l'islamisme. Le parallélisme entre les « trois intégrismes » monothéistes ne tient donc pas, même si en Israël ou en Irlande quelques groupes extrémistes se revendiquent de la Bible. L'islamisme radical est beaucoup plus qu'un simple intégrisme ou un fondamentalisme religieux, pour la bonne raison que certains fondamentalismes sont non-violents (Loubavitch, Hamiches, traditionnalistes catholiques, évangéliques, etc). Il s'agit d'un - ou plutôt du - nouveau Totalitarisme, d'une idéologie de destruction de masse qui s'appuie sur l'obscurantisme religieux tout en étant à certains égards foncièrement contemporaine, dans son nihilisme suicidaire et ses échatombes thanatocratiques. Bref, le fanatisme religieux multiplié par Internet, la révolte du tiersmonde, l'explosion démographique et la pulsion nihiliste moderne analysée par Glucksmann… Mélange hautement explosif et paradoxal.

 

Le premier « fascisme du sud», le premier « totalitarisme exotique »

 

Après le Totalitarisme Rouge, fondé sur la lutte des Classes, et le Brun, fondé sur la lutte des Races, l'Occident doit affronter cette fois-ci le Totalitarisme Vert, fondé sur la lutte des Religions et des Civilisations. En apparence, seulement, ce IIIème Totalitarisme est plus faible que les deux premiers, car les néo-Totalitaires d'Allah considèrent trois de leurs atouts comme de véritables signes d'élection divine : une démographie conquérante (« préparez Venus viendra Mars », disait Gaston Bouthoul…), les plus importantes réserves de pétrole du monde, et une détermination sans limites qui pousse « les Islamikazes » à « préférer la mort à la vie ». Leur quatrième atout réside dans le fait que le nouveau Totalitarisme islamiste est paradoxal, c'est-à-dire apparemment progressiste, anti-raciste et s'exprimant au nom des « faibles » et des « opprimés », des « damnés » et des « déshérités » (mustadhafin, mahrumin). Derrière une rhétorique apparemment « progressiste » de « persécutés » permanents « racisme occidental », le programme du Totalitarisme islamiste n'en est pas moins celui d'une idéologie foncièrement réactionnaire et fascisante distillant un néo-racisme d'extermination de masse, dont l'aboutissement escompté n'est autre qu'une nouvelle solution finale des « Occidentaux judéo-Croisés » (Israël, les Etats-Unis et l'Europe). Le racisme intrinsèque du totalitarisme islamiste n'apparaît pas comme tel puisqu'il s'agit d'une forme spécifiquement religieuse de Haine de l'Autre non fondée sur la couleur de la peau mais sur l'appartenance spirituelle, même s'il s'avère que cet Autre est globalement « blanc-judéo-chrétien-occidental.

Le Totalitarisme islamiste n'est pas seulement le IIIème des totalitarismes, mais il est en de nombreux points l'héritier unificateur des deux précédents. Pas de surprise donc, de voir converger autour de lui, non seulement les adeptes des deux premiers, de Carlos, devenu “ néo-wahhabite ”, aux vétérans nationaux-socialistes (Joannes Van Leers) et à leurs séides néo-nazis actuels qui considèrent Ben Laden, le Hezbollah ou le Hamas comme les plus efficaces formes de “ résistance ” à “ l'impérialisme américano-sioniste ” et à la « judéo-maçonnerie », équivalents des Juifs et des Croisés de Ben Laden (Al Yahoud wal Salibiyoun), aux adeptes de la repentance éternelle et de “ l'Islamiquement correct ”, version xénophile (sélective) et anti-sioniste du traditionnel politiquement correct. Le totalitarisme vert poursuit les totalitarismes précédents, à la différence près que le Vert apporte aux haines totalitaires passées une justification théologique et une bénédiction divine. Cette légitimité théologique exonère d'autant plus la nouvelle barbarie messianique islamisée qu'elle semble tout simplement exprimer la “ légitime ” volonté de “ revanche ” d'un milliard trois-cent mille Musulmans essentialisés comme Victimes absolues, “ humiliés ” par cet Occident honni.

Comme le nazisme, le Totalitarisme islamiste puise l'essentiel de sa force dans la canalisation et l'exacerbation de toutes les rancunes, de tous les ressentiments anti-occidentaux, de toutes les détestations anti-chrétiennes et anti-juives (sous couvert d'anti-sionisme), de sorte qu'il est de plus en plus perçu comme le système anti-américano-sioniste, anti-impérialiste, anti-occidental et révolutionnaire par excellence, le système « anti » le plus absolu et le plus efficace. D'où le fait que les adeptes du Totalitarisme rouge, vaincus à l'Est mais toujours hégémoniques intellectuellement à l'Ouest (en raison de la démission des Libéraux…), et en général les néo-tiersmondistes et anti-américains fanatiques de tous bords, trouvent des circonstances atténuantes au « nouvel hitlérisme religieux », voire meme sont fascinés par lui, comme jadis d'autres bonnes consciences « pacifistes » trouvèrent des circonstances atténuantes aux appetits de puissance d'un certain Hitler… Faudra-t-il que toutes les femmes de Turquie soient soumises au voile et que ce pays sombre dans la guerre civile pour que l'on s'aperçoive que la victoire électorale des Islamistes en Turquie, abusivement qualifiés de « modérés », est une véritable catastrophe pour les démocraties ? Faudra-t-il que les Islamikazes désormais opérationnels dans nos banlieues - après avoir été fanatisés par des imams saoudiens ou pakistanais - se fassent sauter des les boites de nuit et les métros pour que nos dirigeants s'aperçoivent qu'ils ont eu tort de distinguer entre « islamistes modérés » et « islamistes terroristes » et de refuser d'admettre que l'idéologie des Islamikazes est la meme que celle des Frères musulmans ou du Tabligh, régulièrement invités à la table de la République. Une idéologie de haine totale de l'Autre : l'infidèle et le « mauvais musulman ». Or l'enseignement de la haine prépare toujours la mise en action sanglante de la haine quand bien meme celle-ci est enseignée pacifiquement…

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