Islamophobie ou reductio ad Hitlerum ? Tribune dans le Figaro

June 14, 2002

 

Est-il encore possible, en Europe, d'écrire sur l'islam et l'islamisme autrement que de façon apologétique, «islamiquement correcte» ? Est-il encore possible au pays de Voltaire, d'exprimer son refus de l'obscurantisme islamiste sans être ipso facto rangé dans la catégorie diabolisante de « l'islamophobie » et donc du « racisme »? Les procès en sorcellerie dont ont été victimes ces derniers temps ceux qui dénoncent la progression du totalitarisme islamiste et ses compagnons de route occidentaux (islamologues/islamophiles, antisionistes radicaux, lobbies pro-saoudiens, etc), montrent que la chose est devenue difficile.

 

Rappelons tout d'abord aux professionnels de l'indignation « antiraciste » sélective, qui voient dans les revendications islamistes de simples « droits à la différence » et dénoncent comme « islamophobes » ceux qui mettent en évidence la nature totalitaire de l'orthodoxie musulmane, référence suprême des islamo-terroristes, que les Musulmans éclairés, premières victimes du totalitarisme vert, sont les derniers à faire des procès en islamophobie, nombre d'entre eux estimant indispensable une auto-critique musulmane. Nos néo-censeurs « islamiquement corrects » ignorent-ils les écrits du Voltaire musulman Ibn Warraq, les indignations de Rachid Kaci, Aziz Sahiri, Souheib Bencheikh ou Dalil Boubaker, en guerre contre le Tabligh ou les Frères Musulmans (consacrés par les pouvoirs publics), les études d'Abou Zeid, Mohamed Tabli et Mohamed Charfi, président de la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme, qui explique l'incompatibilité de l'orthodoxie islamique avec la démocratie libérale, ou encore le courageux essai (Ramsay) de Latifa Ben Mansour, Frères musulmans frères féroces?

Contrairement à ce qu'écrivent des spécialistes auto-proclamés du « racisme » fort appréciés en milieu islamiste (cf le site islamiste oumma.com) en raison de leur anti-sionisme viscéral, les intellectuels musulmans qui ont perdu des proches dans la guerre contre les nouveaux barbares verts ne confondent pas « islamophobie » et « anti-islamisme », critique de l'islam et « racisme ». Ils sont bien plus indignés par la propension des intellectuels occidentaux à trouver des excuses aux Islamistes, à se coucher devant leur terrifiante volonté de puissance et de conquête-soumission du genre humain. Ce qui scandalise les Musulmans « de gauche », c'est surtout la nouvelle trahison des clercs de la « gauche » européenne, qui pousse la haine de soi jusqu'à trouver des vertus aux Fous d'Allah et qui refuse obstinément de voir dans le totalitarisme vert l'équivalent de la peste brune qu'ils combattent avec tant de vigilance lorsque les « fascistes » (Sharon, Berlusconi, etc) sont judéo-chrétiens. Comme si les « fascistes verts » dénoncés avec tant de courage par Rachid Boudjédra n'existaient pas, comme si les racistes, les antisémites et les fachos étaient tolérables dès lors qu'ils ne sont pas des occidentaux, seules incarnations possibles du Mal. Mais il est vrai que pour nos « antifascistes » professionnels qui ne conçoivent la réalité que lorsqu'elle est « idéologiquement conforme » (trotskisme, josé-bovisme, meyssanisme, etc), les morts palestiniens tombés sous les balles des « fascistes israéliens » sont bien plus victimes que les centaines de miliers de martyrs du génocide soudanais ou de la guerre civile algérienne, oubliés et sacrifiés sur l'Autel de l'islamiquement correct. D'où l'absence totale de mobilisation pour ces morts non « homologués » que d'autres « islamologues » imputent d'ailleurs aux « services secrets » algériens en vertu de l'adage « le responsable est celui à qui profite le crime ». Poutine serait ainsi le « vrai » instigateur des attentats anti-russes de Moscou, Sharon le « vrai » responsable des attentats kamikazes, la CIA le véritable maître d'œuvre du 11 septembre, et le Mossad le vrai commanditaire des actes antijuifs dans les banlieues ! Aussi ceux-là mêmes qui soumettent leurs opposants à la reductio ad Hitlerum font-ils du « négationnisme en temps réel », selon la formule d'Alain Finkielkraut.

Le président d'SOS-Racisme, Malek Boutih, refuse quant à lui toute forme de complaisance envers les Islamistes, n'hésitant pas à déclarer dans l'Express du 9 mai 2002 : " Les islamistes ont des méthodes de fascistes. Ils font peur aux musulmans honnêtes. [Ils] sont enchantés de ce qui vient de se passer avec Le Pen : chacun chez soi, avec son ordre moral […]. Moi, je ne veux pas d'organisations islamistes en France, même si elles prennent le faux nez d'associations culturelles ou caritatives. Derrière le travail social, on propage la haine ». Par contraste, on est en droit de se questionner sur les raisons qui poussent des journalistes spécialisés dans « l'antiracisme » à faire l'apologie des Frères musulmans et à exonérer d'authentiques fascistes verts. C'est ainsi que Xavier Ternisien, dans un article du Monde daté du 25 janvier 2002, écrit que le cheikh de Médine Aboubakr Al-Djazairi, qui vient régulièrement fanatiser nos jeunes des banlieues, auteur de La Voie du musulman (Ennour, 1999), représente la tendance « modérée du salafisme ». Au lecteur d'en juger plutôt : " Il est du devoir des musulmans, […] de se doter de toutes sortes d'armements et de se perfectionner dans l'art militaire, non seulement défensif, mais aussi offensif, pour que le Verbe de Dieu soit le plus haut […], d'édifier toutes sortes d'usines pour fabriquer tout genre d'armes, même au détriment de la nourriture, de l'habillement et du logement dont on peut se passer. Alors le jihad sera accompli dans les conditions les plus satisfaisantes" (pp. 371-372). Mais il est vrai que grâce à Ben Laden, il suffit de condamner formellement le carnage du 11 septembre pour passer pour un « islamiste modéré »…

Considérant les masses musulmanes désoeuvrées comme de nouveaux prolétaires désormais numériquement plus importants que les Juifs, donc « électoralement corrects »…, prisonniers de postures idéologiques tiermondistes et anti-sionistes fondées sur la perception manichéenne de la victime arabo-musulmane persécutée par le bourreau occidental « judéo-croisé » (Ben Laden et les « josé-bovistes » ou autres « anti-mondialisation », anti-américains et anti-israéliens d'extrême-gauche ont les mêmes ennemis…), la Gauche ne veut ou ne peut admettre qu'aujourd'hui, le retour du totalitarisme, du racisme et de l'intolérance, passe par le Sud et est principalement le fait de l'islamisme, même si l'exotisme et l'anti-impérialisme de ce dernier lui confère une apparence « progressiste ». On comprend mieux pourquoi ceux qui voient des nazis partout (et qui banalisent ainsi gravement le nazisme, donc risquent de le faire resurgir) occultent soigneusement l'« Ur-fascisme » (Umberto Eco) et l'antisémitisme bien réels des Islamistes, comme par exemple le Parti des Musulmans de France, qui distribuait en toute légalité des tracts anti-juifs lors d'une manifestation pro-palestinienne le 19 mai dernier puis hurlaient « morts aux Juifs » devant Tati... On y attend toujours les contre-manifestants « anti-fascistes » qui s'étaient si courageusement mobilisés contre Lepen… De la même manière, des spécialistes auto-proclamés de l'extrême-droite ont tenté de nier les actes anti-juifs dans les banlieues ou prétendu que les Beurs ont été « manipulés par le Front national »… Certes, les liens existent entre l'extrême-droite et les Islamistes : le dernier numéro de la revue du GUD qui vente l'alliance entre le croissant et la croix gammée depuis le grand Mufti de Jérusalem jusqu'à nos jours ; les liens tissés par la nouvelle droite avec la nébuleuse islamiste, notamment en Italie, où le leader de la mouvance « brun-vert », Claudio Mutti, alias Omar Amine, membre du groupe ultra-radical des Mourabitoun (qui a mis à prix la tête d'Oriana Fllaci), édite les Protocoles des Sages de Sion ; sans oublier le site « islamo-nazi-révisionniste » Radio Islam d'Ahmed Rami, sont des illustrations parmi d'autres. Mais rappeler que les plus grands exportateurs des Protocoles des Sages de Sion dans le monde sont l'Arabie Saoudite et la Syrie, que les imams salafistes prêchent dans les banlieues la judéophobie islamiste la plus « orthodoxe », qu'une vague de haine anti-juive gagne peu à peu le monde arabo-musulman jusque dans nos banlieues, coûte beaucoup à une certaine gauche « islamiquement correcte ». D'où les délires de Michel del Castillo ou Baudrillard relayant les revendications du Hamas et de Ben Laden.

En tentant simultanément de faire taire les résistants au totalitarisme islamiste, taxés "d'islamophobes" en niant les attentats du World Trade Center sous prétexte que cette catastrophe contredit la pravda « anti-impérialiste », les nouveaux « maîtres censeurs »[1] généralement héritiers du totalitarisme rouge se comportent comme des complices du fascisme vert. Conscients que leur posture néo-totalitaire et subversive est injustifiable, les nostalgiques de Trotski et Pol Pot et leurs idiots utiles « anti-mondialisation », dont l'idéologue Toni Negri, abondamment diffusé en France, n'a même pas honte d'avoir été la référence suprême des Brigades rouges, n'ont d'autre stratégie possible que celle des procès d'intention et des constructions révisionnistes. Rencontrant fort peu de résistance sur leur chemin, la stratégie consistant à culpabiliser et diaboliser l'Autre étant redoutable, ils dictent depuis 1968 la conduite des politiques et des intellectuels, terrorisent la droite comme la gauche. Lorsque des juges prononcent des mesures d'expulsion de dangereux islamistes, DAL et les M° Coutant-Beyre & Co parlent de « convois de la mort ». Adeptes cyniques du « viol de Mémoire permanent », ils donnent le ton en matière d'immigration et d'islamisme, les politiques vivant sous la menace permanente d'une fatwa en « hitlero-titisme». Si l'on veut vraiment éviter que l'extrême-droite arrive au pouvoir, il serait temps, comme le réclame Jean Pierre Chevènement, que l'autorité de l'Etat soit réaffirmée et que le débat intellectuel ne soit plus dominé par les professionnels de l'invective et des groupuscules d'extrême gauche plus ou moins drapés du manteau de « l'antifascisme ». généralement héritiers du totalitarisme rouge se comportent comme des complices du fascisme vert. Conscients que leur posture néo-totalitaire et subversive est injustifiable, les nostalgiques de Trotski et Pol Pot et leurs idiots utiles « anti-mondialisation », dont l'idéologue Toni Negri, abondamment diffusé en France, n'a même pas honte d'avoir été la référence suprême des Brigades rouges, n'ont d'autre stratégie possible que celle des procès d'intention et des constructions révisionnistes. Rencontrant fort peu de résistance sur leur chemin, la stratégie consistant à culpabiliser et diaboliser l'Autre étant redoutable, ils dictent depuis 1968 la conduite des politiques et des intellectuels, terrorisent la droite comme la gauche. Lorsque des juges prononcent des mesures d'expulsion de dangereux islamistes, DAL et les M° Coutant-Beyre & Co parlent de « convois de la mort ». Adeptes cyniques du « viol de Mémoire permanent », ils donnent le ton en matière d'immigration et d'islamisme, les politiques vivant sous la menace permanente d'une fatwa en « hitlero-titisme». Si l'on veut vraiment éviter que l'extrême-droite arrive au pouvoir, il serait temps, comme le réclame Jean Pierre Chevènement, que l'autorité de l'Etat soit réaffirmée et que le débat intellectuel ne soit plus dominé par les professionnels de l'invective et des groupuscules d'extrême gauche plus ou moins drapés du manteau de « l'antifascisme ».


* Auteur de Guerres contre l'Europe, 2002.

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